L'EGLISE SAINT-SULPICE
 
 
L'Eglise Saint-Sulpice


Les historiens ont beaucoup de difficulté à se mettre d'accord sur l'ancienneté de l'Église Saint-Sulpice.
 
 
L'Eglise Saint-Sulpice En 1724, les fouilles de l'église, permirent de mettre au jour une pierre tombale du xe siècle, prouvant par là même qu'une chapelle (dont dépendait un cimetière) existait à cet endroit depuis plusieurs siècles. Du xiie au xive siècles, une nouvelle église fut bâtie à la place de l'ancienne chapelle ; elle fut agrandie d'une nef sous François Ier, et de trois chapelles en 1614. Cependant, avec l'agrandissement des bourgs de Saint-Germain et Saint-Germain-des-Prés, la nécessité de construire une église plus grande et plus digne de la population qui la fréquente s'impose : le bâtiment d'alors ne peut contenir que le douzième des paroissiens. De plus, l'ancienne église menace de tomber en ruine. La proposition est résolue dans une assemblée, tenue le 16 mars 1643 sous la présidence du prince de Condé.

La Place
Il faut attendre 1732 pour que l’église Saint-Sulpice se voie dotée d’un massif antérieur, alors que les travaux avaient débuté en 1646. Mais le concours remporté par l’architecte Servandoni traduit, à la différence de tant d’autres édifices, la volonté de penser l’urbanisme autrement. Ce n’est pas un hasard si le choix se porte sur un artiste italien spécialisé dans le décor de théâtre : toute la rhétorique de la mise en scène est réunie ici. La place prévue comme un plateau d’opéra par Servandoni ne sera pourtant pas réalisée, le chantier s’éternisant au point que le goût avait eu le temps de changer. Ici, point de clocher affûté, mais deux tours massives cantonnant une colonnade à l’antique, comme un décor d’architecture dans un tableau. Les clochers ne sont là que pour équilibrer la composition de la façade, non pour inciter l’âme à se tourner vers le Ciel. Napoléon, trouvant l’espace trop petit en fit doubler la surface, et abandonner l’architecture ordonnancée qui devait en agrémenter le pourtour.

La Chaire
Exécutée en 1788 d’après les dessins de l’architecte Charles de Wailly, la chaire est – comme le mentionne l’inscription du socle – un don d’Emmanuel Armand Duplessis Richelieu, duc d’Aiguillon, ancien ministre de Louis XV et premier marguillier de la paroisse. Une cuve, suspendue dans le vide, seulement soutenue par deux escaliers latéraux, s’appuie sur de hauts piédestaux. Chacun d’eux porte une statue en bois doré par Guédon : à gauche, la Foi, à droite, l’Espérance. L’abat-voix est couronné par le groupe de la Charité, par Jacques-Edme Dumont, auteur également des reliefs figurant les symboles des évangélistes sur les piédestaux. Bénite le 31 janvier 1789, la chaire de Saint-Sulpice, d’un style pleinement Louis XVI, est l’un des derniers grands meubles installés dans une église parisienne à la veille de la Révolution.
La Fontaine Saint-Sulpice
L’Assomption de la Vierge fresque
Saint-Sulpice - chapelle de la Vierge - François Lemoyne (1688-1737) -
En novembre 1730, le curé de Saint-Sulpice, Languet de Gergy, commande au peintre François Lemoyne le décor de la coupole de la chapelle de la Vierge. L’artiste, qui s’est déjà illustré dans le grand décor religieux (voir notice suivante), jouit alors d’une certaine renommée à la cour de Versailles. Assisté de son élève Nonotte, Lemoyne se consacre au chantier de Saint-Sulpice durant deux années et livre son œuvre en 1732. Le thème retenu est celui de l’Assomption. Le parti adopté par Lemoyne est désormais classique : la coupole, figurant le ciel, est entièrement peinte de nuées concentriques sur lesquelles sont disposées des figures. Divers groupes peuvent être distingués, même si Lemoyne a pris soin de ne pas soumettre sa composition à une hiérarchie trop marquée. S’inscrivant dans une structure pyramidale, la Vierge, surplombant saint Pierre et saint Sulpice (les deux patrons de l’église), est accueillie par des anges virevoltants. En contrebas, l’artiste a représenté sur toute la circonférence de la voûte des anges tenant les emblèmes bibliques de la Vierge (tour de David, rose, lis, étoile, miroir…) ainsi que les saints associés au culte marial (Saint Augustin, Saint Dominique, Saint Bernard, Saint Jean Damascène ou encore Saint Cyrille d’Alexandrie). Après l’incendie qui endommagea le décor en 1762, la restauration en fut confiée au peintre A.F. Callet qui ajouta à la procession plusieurs personnages dont le curé Olier et ses paroissiens. En dépit de la profusion des figures et du caractère tourbillonnant de la composition, l’ensemble est d’une grande lisibilité grâce au savant « fléchage » narratif instauré par Lemoyne. En multipliant au sein de l’assemblée les gestes en direction de la Vierge, le regard du spectateur glisse naturellement vers la scène principale. Ce procédé a également pour effet de prendre à témoin le fidèle et de le faire ainsi participer au mystère divin. Avec ce décor, Lemoyne démontra sa virtuosité dans le traitement d’une composition plafonnante et gagna l’admiration de ses contemporains qui comparèrent volontiers son œuvre aux coupoles peintes du Val-de-Grâce (Mignard) et des Invalides (La Fosse). Il nous est toutefois difficile d’en juger sur un plan purement plastique, la technique à fresque étant inadaptée à l’hygrométrie parisienne, les incendies et les restaurations successives en ayant fortement altéré les qualités originales.

Mausolée de Jean-Baptiste Languet de Gergy (1675-1750) par Michel-Ange Slodtz (1705-1764)
Chapelle Saint-Jean-Baptiste
Le mausolée de l’abé Languet de Gergy renoue avec les monuments baroques romains du Bernin. Curé de Saint-Sulpice de 1714 à 1741, l’abbé fut le promoteur de la construction de la nouvelle église en organisant notamment des loteries qui financèrent le projet. Le monument, achevé en 1757, est dû au sculpteur Michel-Ange Slodtz. Il représente «l’empressement de l’Immortalité à lever un tapis funéraire qui couvrait la figure de l’ancien abbé», alors que la Mort, frappée de stupeur, est terrassée. Le curé, tourné vers le maître autel, semble s’offrir à Dieu. La figure de l’Immortalité tenait autrefois un grand parchemin de bronze sur lequel figurait le plan de l’église ainsi qu’un anneau d’or, symbole d’inaltérabilité et de continuité. Plus bas, deux putti représentaient l’Abondance et la Charité.
 
Adresse
Place Saint-Sulpice
75006 PARIS
 
GPS 
Latitude : 48.850927
Longitude : 2.334091
 
Plan
Comment s'y rendre
Métro : Saint-Sulpice (ligne 4)
Bus : 63/73/86/87/96 arrêt Saint-Sulpice
 
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Liens externes sur ce sujet
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Sources
Paris Patrimoine
Photo Richard Desenclos 2009