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 LES CIRCUITS DE PARIS
 
 
Paris Circuits
 
 
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LA CATHEDRALE NOTRE-DAME DE PARIS - L'EXTERIEUR
 
 La Cathédrale Notre-Dame de Paris
 
Faisons le tour de Notre-Dame
 
 
Comment s’y rendre ?
Métro : Cité (ligne 4)
A partir du métro prendre la rue de la Cité vers le Parvis.
Bus : 47 arrêt Parvis-Préfecture

Traverser la rue de la Cité et se rendre sur le Parvis
 
Le Parvis
Le parvis est la grande zone ouverte se trouvant juste devant la façade ouest. Le mot parvis vient du latin paradisius = paradis. Lorsque la cathédrale fut construite, le parvis était assez étroit. La cathédrale était située parmi d’innombrables bâtiments en bois de petite taille, telle que des maisons, boutiques et auberges. Une fontaine s'y trouvait de 1625 à 1755. Le parvis conserva des dimensions modestes jusqu’au xviiie siècle, époque à laquelle l’architecte Beaufrand l’agrandit. Il fut remodelé à plusieurs reprises par la suite, notamment depuis 1960. Le kilomètre 0 des routes françaises se trouve sur le parvis, à quelques mètres à peine de l'entrée de la cathédrale. Depuis le xixe siècle, de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises sous le parvis de Notre-Dame de Paris, dont deux campagnes plus importantes : la première eut lieu en 1847 et fut menée par Théodore Vacquer, la seconde plus récente de 1965 à 1967 fut dirigée par Michel Fleury. Ces fouilles ont permis de mettre au jour d’importants vestiges gallo-romains et du haut Moyen Âge, et notamment les fondations d’un grand édifice religieux de forme basilicale à cinq nefs. Ces vestiges seraient ceux de la basilique Saint-Étienne, construite au ive ou au vie siècle et qui constitue la cathédrale précédant l’édifice actuel de Notre-Dame. Une crypte a été aménagée afin de préserver l’ensemble de ces substructions et de les rendre accessibles au public : on l’appelle Crypte archéologique du parvis Notre-Dame. Depuis l’été 2000, elle est gérée par le musée Carnavalet.
 
L’Emplacement de l’échelle de justice,
Ici au XIIème siècle, les évêques, puis les archevêques avaient leur échelle de Justice. Les condamnés venaient faire amende honorable en s’agenouillant au pied de cette échelle. Têtes et pieds nus, en chemise et la corde au cou, portant dans une main un cierge de cire jaune, et sur la poitrine et le dos, une double pancarte mentionnant leur crime, ils faisaient publiquement l’aveu de leur forfait et imploraient l’absolution. C’est ainsi qu’en mars 1314, Jacques de Molay, Grand-maître des Templiers, entendit le décret du pape le condamnant à être brûlé vif ! Parmi les détenus célèbres, l’assassin du roi Henri IV, Ravaillac, La Brinvilliers, célèbre empoisonneuse sous Louis XIV, le brigand Cartouche. Cette échelle de justice fut enlevée à la Révolution.
 
Le point kilométrique zéro Le Point kilométrique zéro
Le point zéro des routes de France est le point zéro de Paris, c'est-à-dire le point kilométrique 0 des routes quittant la capitale, dont on se sert comme référence pour le calcul des distances avec les autres villes de France. Il est situé devant la cathédrale Notre-Dame de Paris. La borne routière qui matérialise ce point dans les pavés du parvis de la cathédrale prend la forme d'une rose des vents gravée au centre d'un médaillon octogonal en bronze ; celui-ci est entouré d'une dalle circulaire en pierre divisée en quatre quartiers, chacun d'eux portant l'une des inscriptions en lettres capitales : « POINT », « ZÉRO », « DES ROUTES » et « DE FRANCE ». La matérialisation de ce point dans sa forme actuelle a été discutée pendant douze ans par le Conseil municipal de Paris et par la Commission du Vieux Paris, entre 1912 et 1924. La plaque a finalement été posée solennellement en 1924, le 10 octobre ou le 22 janvier selon les sources. Elle fut retirée en 1966 et remise en place en 19727, afin de pouvoir mener des travaux visant initialement à la construction d'un parc de stationnement souterrain sous le parvis, mais que des découvertes archéologiques sur l'histoire de Paris ont finalement conduit à aménager en crypte pour les protéger (la crypte archéologique du parvis Notre-Dame).
 
La statue de Charlemagne.La statue de Charlemagne
Louis (1813-1878) et Charles Rochet (1819-1900) se lancent en 1853 dans la création d’un Charlemagne à la suite de deux autres statues équestres : Don Pedro Ier, à Rio de Janeiro, et Guillaume le Conquérant, à Falaise. L’œuvre figure dans sa version en plâtre à l’Exposition Universelle de 1867 et, en bronze, à celle de 1878 comme chef-d’œuvre de la production des fondeurs Thiébaut. Exaltation de l’image impériale sous le Second Empire, le groupe continue d’impressionner comme réussite majeure de la fonderie d’art parisienne. Charlemagne et ses Leudes (écuyers) semblent sortir directement de la nuit des temps. En 1879, le Conseil municipal autorise l’exposition de la sculpture sur le parvis de Notre-Dame mais elle n’est mise en place qu’en 1882 sur un châssis de bois recouvert de toile et demeure dans ces conditions provisoires pendant vingt-six ans. En 1895, la Ville de Paris acquiert finalement le monument, en dédommageant les fondeurs du seul prix du bronze. En ajoutant les deux figures en pied d’écuyers (Roland et Olivier), les frères Rochet enrichissent la forme traditionnelle du groupe équestre en multipliant les axes de composition et les points de vue. Les sculpteurs se sont attachés à respecter les connaissances archéologiques qui leur étaient accessibles alors, armant Roland d’une copie de la fameuse épée Durandal qu’on lui prête au musée de Madrid, ou coiffant Charlemagne de la couronne dite de Nuremberg, conservée à Vienne. Un cor pend au côté de Roland, et son cousin Olivier guide prudemment le convoi : toute la légende est contenue dans ce groupe, pour donner corps au texte de cette chanson de geste médiévale et présenter les héros avant le drame qui la clôt à Roncevaux. Les jeunes guerriers s’avancent farouche à la rencontre de leur destin, et le vieil empereur, représenté à cheval dans toute sa majesté, se laisse conduire, protégé par ses neveux, vers sa propre gloire qui aura pour prix leur sacrifice prochain. On pressent en effet, derrière la bravoure affichée, la menace qui les guette tous. Œuvre remarquable certes, qui offre une vision valeureuse et héroïque de cet empire et de cet empereur qui donneront naissance à la France.
 
La Crypte
La crypte présente de nombreux vestiges situés au sud de l'île de la Cité, cœur historique de Paris. On peut y observer plusieurs éléments d'époque gallo-romaine, comme un tronçon du mur du quai du port antique de Lutèce, un établissement de bains publics gallo-romain dont il subsiste le système de chauffage par hypocauste, et une partie du mur d'enceinte du début du IVème siècle. Du Moyen Âge, subsistent le sous-sol de l'ancienne chapelle de l'Hôtel-Dieu ainsi que les fondations des maisons de la rue Neuve-Notre-Dame. Du XVIIIe siècle, il reste les fondations de l'Hospice des Enfants-Trouvés. Du XIXe siècle, il subsiste le tracé des égouts haussmanniens.
 
Approchons-nous de la façade ouest :
 
La façade ouest La Façade ouest
Les deux tours de la façade occidentale ne sont pas exactement jumelles. La tour nord (gauche) est légèrement plus forte et plus large que la tour sud, ce qui se remarque facilement en observant l’ensemble depuis le centre du parvis. À cette différence correspond, au niveau de l’étage du balcon de la Vierge situé sur la façade, une largeur nettement plus importante du contrefort nord de la tour nord par rapport au contrefort sud de la tour sud. Au fil des ans, il a été suggéré à plusieurs reprises que les plans originaux de Notre-Dame, que nous ne possédons plus, prévoyaient deux flèches qui s’élèveraient des tours. Les solides clochers auraient pu sans aucun doute supporter de telles structures. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils étaient censés être dotés de flèches. Pendant la restauration qui eut lieu entre 1844 et 1864, l’idée des flèches fut à nouveau suggérée. Le restaurateur Viollet-le-Duc, voulant faire échouer le projet, dessina un plan très précis de la cathédrale avec de telles flèches afin de montrer à la population le résultat peu esthétique auquel ce projet aboutirait. Certains experts ont affirmé depuis, sur la base de ses plans et de ses écrits, que Viollet-le-Duc était lui-même en faveur de ces flèches. Entre les deux tours, à l’arrière de la galerie supérieure de la façade faite d’une colonnade, et à l’avant du pignon de la nef, il existe une sorte d’esplanade, toit plat qu’on appelle l’aire de plomb ou la cour des réservoirs. Des plaques de plomb la recouvrent, et des bassins y ont été aménagés qui contiennent de l’eau utilisable rapidement en cas d’incendie. En arrière de l’aire de plomb s’élève le grand pignon triangulaire qui termine à l’ouest le comble de la nef : sur sa pointe, un ange sonne la trompette. Les tours de la cathédrale, hautes de 69 m, sont accessibles au public et offrent une vue imprenable sur Paris. La tour sud abrite un escalier de 387 marches27. Au premier étage, au niveau de la galerie des rois et de la rosace, se trouve une grande salle gothique comportant un comptoir d’approvisionnement pour touristes et visiteurs. On peut y voir en plus diverses statues originales de la cathédrale ainsi que des toiles de Guido Reni, Charles André van Loo, Étienne Jeaurat et Lodovico Carracci.
 
Les abeilles
Au printemps 2013, une ruche a pris place sur le toit de la sacristie, environnée du square Jean XXIII qui borde le flanc Sud et le chevet de la cathédrale depuis 1844. Notre-Dame de Paris, en hébergeant cette ruche, s’associe pleinement à la préservation de la biodiversité dynamique et souhaite ainsi rappeler la responsabilité de l’homme vis-à-vis d’elle. Cette ruche a été offerte par Nicolas Géant, apiculteur, qui dispose déjà de nombreuses ruches sur les toits de Paris. Les abeilles de cette ruche sont des Frère Adam, abeilles dont l’une des principales caractéristiques est la douceur, vertus essentielles pour une apiculture urbaine. En ville, les températures plus clémentes, la diversité des plantations, les méthodes de culture sans engrais et sans pesticides, la multiplication des espaces verts, les plantations sur les terrasses, bords de fenêtres et cours séduisent les abeilles. Dans les jardins, les floraisons s’étalent du printemps à l’automne et les abeilles ont de quoi butiner une bonne partie de l’année. Une abeille butine 700 fleurs par jour dans un périmètre de trois kilomètres autour de la ruche. La plupart des végétaux ne peuvent se féconder sans le butinage des abeilles. Leur rôle est indispensable dans la nature. La présence d’abeilles est un signe de bonne santé de notre environnement et leur préservation c’est aussi sauver la planète.
 
Les faucons
Dans les tours de Notre-Dame nichent des faucons crécerelles. Cet élégant petit rapace, de la taille d'une tourterelle, à la livrée rousse ponctuée de noir et aux ailes fines et longues, pratique deux sortes de vol : le vol voltigeant typique des faucons, et le vol sur place destiné à surveiller son terrain de chasse. Il maintient cette position en battant rapidement des ailes face au vent la queue largement déployée. On dit qu'il fait le Saint-Esprit. Le faucon crécerelle défend son aire contre les intrusions sur un périmètre de dix à douze mètres. Son territoire de chasse, en revanche, peut s'étendre à trois kilomètres. Ici, il le partage avec ses voisins. Les faucons de Notre-Dame ont en effet de la famille à Saint-Sulpice, à la tour Saint-Jacques et au Château de Vincennes ainsi qu'à l'Arc de Triomphe et à la Basilique du Sacré-Cœur, au Dôme des Invalides, à la Tour Eiffel, au Petit Palais et à la Défense. Entre 25 et 30 couples ont été recensés dans la capitale, à la fin des années 80, par le centre ornithologique d'Ile-de-France. La meilleure saison pour les voir parader est le mois d'avril, la saison des amours.
 
Les PortailsLes Portails
Une penture est un morceau de fer plat replié en rond à une extrémité de manière à y former un œil destiné à recevoir le mamelon d’un gond, et qui attaché sur la surface d’une porte, est destiné à la suspendre et à la faire mouvoir, tout en la maintenant bien stable. Les pentures sont clouées et boulonnées aux vantaux des portes. Les portes de Notre-Dame de Paris sont décorées de pentures en fer forgé d’une exceptionnelle beauté. Les vantaux de la porte Sainte-Anne par exemple sont garnis d’admirables pentures, qui les recouvrent presque entièrement et sont de petits chefs-d’œuvre de ferronnerie. Elles forment d’amples arabesques fines et légères, des dessins de fleurs et de feuillages, et même des formes animales. Ce sont des témoins de premier plan de l’art consommé de la serrurerie aux xiie et xiiie siècles. De plus, elles ressortent magnifiquement sur l’enduit dont on a recouvert les vantaux. De tout temps les Parisiens furent fascinés par ces petites merveilles en fer forgé. Et bientôt des légendes se formèrent. L’une d’entre elles affirmait qu'un artisan parisien nommé Biscornet fut chargé d'habiller les vantaux des portes de la cathédrale de ferronneries et autres serrures. Devant l'enjeu de la tâche, il invoqua le Diable pour le soutenir, et l'esprit du Mal l'aida si bien qu'il fallut avoir recours à de l'eau bénite pour faire fonctionner les clés ! Biscornet mourut peu de temps après l'accomplissement de son œuvre, et emporta son secret dans sa tombe. Mais le travail du métal est si particulier qu'aujourd'hui encore, parait-t-il, les spécialistes n'expliquent pas la manière dont ont été ouvragées ses fameuses ferronneries, toujours visibles sur les portes de la façade principale. Il s'agit pourtant de reproductions réalisées au XIXème siècle, les originales ayant été détruites à la Révolution…Il y a en hommage au serrurier-forgeron une rue Biscornet à Paris, près de la Bastille. Suivant une autre légende, les pentures des portails auraient été forgées par le diable lui-même dans les forges de l’enfer. Les pentures des deux portes (nord et sud) du transept qui dataient du Moyen Âge ont été remplacées au xviiie siècle par des pentures de style gothique tel qu’on l’imaginait à l’époque. Quant au portail du Jugement, suite à l’intervention de Soufflot fin du xviiie siècle, les portes en furent remplacées par deux vantaux de bois adaptés aux nouvelles dimensions données à la porte à cette époque, et sculptés de deux effigies grandeur nature du Christ et de la Vierge. Viollet-le-Duc déposa les portes de Soufflot et reconstitua le portail tel qu’il était au Moyen Âge. Entre 1859 et 1867, le ferronnier d'art Pierre François Marie Boulanger effectua tous les travaux de serrurerie de la sacristie, il restaura les portails latéraux et réalisa les merveilleuses pentures du portail du Jugement Dernier. Pour perpétuer le souvenir de ce travail remarquable et prouver que le diable n'y était pas intervenu, derrière chacune des pièces du milieu, il a gravé l'inscription suivante : « Ces ferrures ont été faites par Pierre-François Boulanger, serrurier, posées en août 1867, Napoléon III régnant, E. Viollet-le-Duc, architecte de Notre-Dame de Paris ». Les bandes de ces pentures ont une largeur de 16 à 18 centimètres, sur une épaisseur de 2 centimètres environ. Elles sont composées de plusieurs bandes réunies et soudées de distance en distance au moyen d’embrasses. Celles-ci non seulement ajoutent une grande résistance à l’ensemble, mais permettent de recouvrir les soudures des branches recourbées.
 
Le portail du Jugement dernier se trouve au centre de la façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Les Apôtres
En partant de bas en haut :
    Les médaillons des vices et des vertus,
    Le trumeau,
    Les Apôtres, statues des ébrasements,
    Scènes de l’ancien testament,
 
Les linteaux,
    Le linteau inférieur, La Résurrection
    Le linteau supérieur, au centre, le Jugement.
    Le linteau supérieur, les Elus à gauche.
    Le linteau supérieur, les Damnés à droite.
 
Le tympan, l’Apparition du fils de l’Homme.
Aux portes, Les vierges folles et les vierges sages.
 
Les voussures,
    A droite, première rangée, l’Enfer et les Cavaliers de l’Apocalypse.
    A gauche, première rangée, Le Paradis, Les Elus, Jacob, Isaac, Abraham.
    Les autres voussures.
 
Les Vices et les Vertus
Sous les statues des Apôtres se trouvent des panneaux superposés. Depuis le XIIIème siècle, seuls deux ont été restaurés. Les panneaux du haut sont les douze vertus et les panneaux du bas les douze vices.
 
Panneaux situés à gauche du portail, avec en alternance une vertu et un vice, de la droite vers la gauche :
    La Foi avec comme symbole la croix,
    L’Impiété dont les mains sont jointes devant une idole,
    L’Espérance regarde vers le ciel avec comme symbole un étendard,
    Le Désespoir où un homme se perce d’une épée,
    La Charité tend les mains pour aider avec comme symbole un agneau qui est immolé,
    L’Avarice est représentée par une femme, une main dissimulée dans un manchon, l’autre puisant dans un coffre,
    La Pureté, avec comme symbole une salamandre,
    L’Injustice représentée par une femme qui secoue une balance pour la faire pencher en sa faveur,
    La Prudence avec comme symbole un serpent
    La Folie semblable à un bouffon,
    L’Humilité avec une colombe comme symbole,
    L’Orgueil avec un cavalier qui chute.
 
Panneaux situés à droite du portail, avec en alternance une vertu et un vice, de la droite vers la gauche :
    La Force, seule des vertus à avoir l’aspect d’une guerrière, avec comme symbole le lion,
    La Lâcheté avec un chevalier qui fuit devant un lièvre,
    La Patience avec comme symbole le bœuf,
    La Colère où un homme sort son épée contre un clerc,
    La Douceur et sa brebis,
    La Violence, où une dame frappe son serviteur,
    La Paix et la branche d’olivier,
    La Discorde qui oppose deux hommes,
    L’Obéissance qui est représentée par un dromadaire agenouillé,
    La Rébellion avec un homme qui lève la main sur un évêque,
    La Persévérance et sa couronne promise à ceux qui seront fidèles,
    L’Inconstance et le moine qui fuient le couvent.
 
Le Trumeau Le Trumeau
Le trumeau est occupé par un Christ sage dans sa partie supérieure. Cette statue a été refaite par Viollet-le-Duc car la précédente avait été détruite par Soufflot. Il tient le Livre de la vie dans sa main gauche alors qu’avec sa main droite, il bénit le monde.
Sur le socle, on peut remarquer en haut cinq prophètes à phylactère et au-dessous, dans des médaillons, les symboles des arts libéraux. Par ce terme, on désignait dans l’Antiquité, les activités que les hommes libres pouvaient exercer sans déchoir, celui d’arts mécaniques ou manuels était affecté aux activités réservées aux esclaves. Le Moyen Âge conserva sept de ces arts et les représenta chacun par une jeune fille portant un attribut caractéristique.

La figure du centre n’est toutefois pas un art libéral, puisqu’il s’agit de la Théologie. Une femme porte deux livres, l’un ouvert et l’autre fermé. Il s’agit de l’Ancien et du Nouveau Testament. Près d’elle s’élève une échelle dont les degrés devaient être franchis successivement avant de parvenir à la connaissance parfaite. C’est pourquoi la Théologie pénètre par son sommet dans le ciel figuré par les nuages.
 
Trois arts libéraux sont représentés de part et d’autre du médaillon central. A gauche :
    La Géométrie qui tient son compas, et,
    La Dialectique, qui porte un serpent à sa ceinture. On veut ainsi signifier qu’elle est dangereuse pour celui à l’encontre de qui elle s’exerce, mais aussi pour celui qui la pratique.
    La figure la plus proche de la Théologie est incertaine.
 
A droite, La figure du fond est celle de :
    La Musique qui frappe des clochettes, puis,
    La Grammaire qui apprend à un enfant. Elle porte un étui qui contient l’encre, des plumes, un martinet, des tablettes. Et enfin,
    L’Astronomie tient un disque, le Ciel, traversé par un éclair.
 
Les statues des Apôtres occupent les ébrasements du Portail du Jugement Dernier. Elles sont groupées par six de part et d’autre du portail. On peut remarquer à gauche en partant de l’extérieur :
    Saint Barthélémy qui montre le couteau avec lequel on l’écorcha vif,
    Saint Simon le Zélote, qui apporta la parole jusqu’en Perse,
    Saint Jacques le Mineur avec sa crosse de premier évêque,
    Saint André serrant sa croix,
    Saint Jean portant un calice,
    Saint Pierre tenant la clef du royaume,
 
Puis, à droite, toujours en partant de l’extérieur :
    Saint Matthieu l’Evangéliste,
    Saint Jude qui écrivit une des épîtres du Nouveau Testament,
    Saint Philippe, qui présente la croix sur laquelle il fut cloué en Phrygie,
    Saint Thomas l’incrédule tenant une règle,
    Saint Jacques le Majeur, en pèlerin, portant le bourdon et la panetière ornée de coquilles,
    Saint Paul avec le glaive et le livre,
 
Détruites par les révolutionnaires, elles furent reproduites, lors de la restauration par Viollet-le-Duc, d’après des dessins du XVIIIème siècle, des modèles pris dans d’autres cathédrales et quelques débris.
 
Scènes de l’Ancien Testament
Au-delà des vertus et des vices, à droite comme à gauche des Apôtres, ont été sculptées quatre scènes inspirées de l’Ancien Testament. A gauche en haut :
    Un groupe, composé d’un homme assis vers lequel se penchent une femme et trois hommes, représente Job sur son fumier, assisté de ses amis et de sa femme. Frappé par le malheur, Job est l’image du désespoir qui ne peut trouver de consolation dans les raisonnements de ses amis. Au-dessous :
    Un homme appuyé sur un bâton se tient au bord d’un torrent. Il s’agit de Josué : devant lui et les enfants d’Israël qui portent l’Arche d’alliance, les eaux du Jourdain se retirent au moment de l’entrée en Terre promise. A droite en haut,
    Un homme prie devant un autel. Auprès d’un fagot est couché un bélier qui a été substitué à Isaac lorsque celui-ci allait être sacrifié par son père Abraham. Au-dessous,
    Un guerrier brandit sa lance contre le soleil. Ce serait Nemrod, arrière-petit-fils de Noé qui, selon la Genèse, fut un vaillant chasseur. Il était aussi fondateur de Ninive et roi de Babel dont la tour est figurée ici derrière lui.
 
La résurrection La résurrection des morts
Aux extrémités du linteau inférieur, des anges sonnent de la trompette. A leur appel, vingt personnages sortent du tombeau. Ce ne sont plus des cadavres ou des squelettes, ce sont des êtres vivants avec leur chair. Certains portent encore leur linceul, d’autres sont vêtus et coiffés de manière telle qu’on puisse définir facilement leur identité : âge, sexe, fonction. Ainsi pouvons-nous reconnaître un évêque, un chevalier sui a gardé sa cotte de mailles, une religieuse, une reine, un pape qui porte le camelaucum, un roi. Au centre, on voit un vieillard à tête de patriarche, un seigneur et une noble dame. Les autres personnages ne sont pas vraiment définissables.
 
Les Elus
Cette sculpture se trouve sur le portail du jugement dernier, à gauche du Christ sur le linteau supérieur. Elle représente les élus. Les six premiers ont le regard tourné vers le Christ qui se trouve au centre du linteau. Ils ont alternativement les mains jointes ou tombées de saisissement. Dans le groupe des quatre élus qui se trouvent à gauche, un homme prend la main d’une femme afin de l’entraîner à la suite des trois autres élus vers le lieu de la vie éternelle.
 
Le Jugement dernier
Cette sculpture se trouve sur le portail du jugement dernier, au centre du linteau supérieur. Elle représente Jésus qui fait procéder à la pesée des âmes. Jésus est au-dessus. Ici c’est Saint-Michel, l’archange qui assure les fonctions de conducteur des morts, tient une balance. Il surveille un des plateaux, occupé par un enfant aux mains jointes. Sur l’autre qui contient une forme que l’on discerne mal, pèse un gigantesque diable à corne de bouc et à peau pustuleuse, aidé par un petit démon à moitié sorti de terre. Le diable tente d’inverser la pesée, mais il a beau faire, chaque âme sera pesée au poids de l’amour, comme indiqué dans l’Evangile de Saint Matthieu.
 
Les DamnésLes Damnés
Cette sculpture se trouve sur le portail du jugement dernier, à droite du Christ sur le linteau supérieur. Elle représente les damnés. Un démon pousse une longue file de damnés maintenus en ordre par une longue chaîne vers un autre démon, qui tient le bout de la chaîne. Parmi les réprouvés, on voit :
    Un chevalier à cotte de maille,
    Un roi,
    Une femme,
    Un moine,
Les autres constituent une foule de gens non individualisés, mais qui se ressemblent par l’angoisse qui les étreint à l’approche de la gueule de l’enfer. Remarquons les traits des visages.
 
Au tympan le Fils de l’homme se trouve avec un grand nimbe crucifère qui le désigne. A ses pieds, dans un demi-cercle, des bâtisses figurent la Jérusalem terrestre. Ses deux mains levées révèlent les blessures de ses paumes et l’on peut apercevoir celle de son flanc. Deux anges sont à ses côtés, portant les instruments de la Passion. Celui de gauche tient une lance dans une main et des clous dans l’autre – ceux-ci sont enveloppés dans un linge en signe de respect. Celui de droite serre une croix dans ses deux mains. De part et d’autre se trouvent la Vierge et Saint-Jean agenouillés.
 
Les Vierges folles et les Vierges sages
Sur chacun des piédroits qui encadrent les vantaux, six petites figures retaillées au XIXème siècle résument l’une des dernières paraboles de Jésus avant la description du Jugement. Cinq vierges folles, à droite, sont placées les unes au-dessus des autres. Leurs lampes sont renversées pour indiquer que, faute d’huile, elles se sont éteintes. Au-dessus d’elles se trouve la Porte du Ciel qui demeure fermée. De l’autre côté, ce sont cinq vierges sages, nimbées, qui ont gardé leurs lampes allumées et la Porte du Ciel leur est ouverte.
 
Les Voussures Les Voussures
Au-dessus de la scène du Jugement, on retrouve une cour céleste sur les six rangées de voussures. En partant de l’extérieur, on reconnaît dans les quatre premières :
    Les Vierges (18) portant des sièges,
    Les Martyrs (18) tenant la palme,
    Les Docteurs (16) qui présentent le Livre,
    Les Patriarches et les Prophètes (14),
Dans les deux voussures centrales, des angelots enfants et adolescents au nombre d’une quarantaine, participent au spectacle. Les bustes sont penchés vers le bas comme à l’extrême bord d’un balcon. Quelques-uns jouent du luth. Tous portent en eux la force, la joie et la paix.
 
Le Paradis
A la différence de ce qui se passe à droite, à gauche c’est plutôt le Paradis. En effet, la première rangée des six voussures de gauche représente, de droite à gauche :
    Deux élus couronnés surmontés d’un grand ange qui les attend,
    Le patriarche Abraham qui porte Lazare en son sein lorsque le mauvais riche l’aperçut dans le séjour des morts. C’est pourquoi, au Moyen Âge, le sein d’Abraham était considéré comme le lieu d’attente des justes et était représenté, comme ici, sous la forme d’un panier contenant trois petits enfants.
    Isaac,
    Jacob,
    Deux rangées de trois élus couronnés,
    Deux rangées de trois élus couronnés.
 
L’Enfer
Sur le Portail du Jugement dernier, au début des voussures de droites, les six sculptures sont différentes. La première à gauche est la Gueule de l’Enfer et fait suite aux Damnés qui se trouvent sculptés sur le linteau à sa gauche. Un pied en sort encore, cependant qu’un autre arrivant tombe la tête la première dans une énorme chaudière que surveille un démon aidé de crapauds. Au bas de la troisième, de la cinquième et de la sixième voussure, les sculpteurs s’en sont donné à cœur joie. Dans la cinquième, on trouve une femme énorme dans laquelle on pourrait reconnaître la Luxure, qui semble satisfaite d’elle-même de fouler aux pieds les têtes crispées d’un moine, d’un évêque et d’un roi.
 
Le Portail de Sainte-AnneLe Portail Sainte-Anne
Le portail Sainte-Anne se trouve à droite de celui du Jugement dernier, façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il est composé :
    D’une statue de Saint-Marcel sur le trumeau,
    De huit statues de Sainte et de Rois sur les ébrasements,
    De scènes bibliques dans les linteaux,
    De voussures garnies d’anges, de rois, de prophètes et de vieillards de l’Apocalypse,
    D’un tympan occupé par des anges, des vierges et des personnages célèbres.
 
Les linteaux
Les deux linteaux du portail de Sainte-Anne ont été très visiblement sculptés à des dates différentes et par des sculpteurs de style fort différent. Ils racontent l’histoire d’Anne et Joachim ainsi que l’histoire du mariage de Marie, mais aussi l’évangile de la Nativité.
Le linteau inférieur constitue une pièce de raccord entre les deux portions du portail datant de l’époque de l’église antérieure. Il a été ajouté lorsque le portail fut remonté au début du xiiie siècle. Il présente une série de personnages aux formes lourdes possédant une tête disproportionnée et vêtus de draperies trop grandes.
Il raconte une partie de la légende d’Anne et Joachim, ainsi qu’une partie de la vie de Marie.
En bas à gauche (en partant de la gauche)
7 – Joseph arrive à cheval.
9-10 – La tribu de Juda sauf Joseph brise ses baguettes (quatre premiers personnages). L’histoire tient dans le fait que les hommes de la tribu devaient déposer des baguettes de bois et celle qui aurait des feuilles le lendemain verrait son propriétaire être l’heureux élu pour s’unir à Anne.
11 – Le grand prêtre célèbre le mariage. Joachim tient la main de sa fille et Anne regarde son mari avec tendresse (trois personnages suivants).
5 – Anne, prévenue par l’ange, part au-devant de Joachim.
Au centre – Marie tient Jésus dans ses bras et Joseph se situe à droite de celui-ci.
En bas à droite (en partant du centre).
12 – Plus tard Joseph doute de la pureté de Marie (deux personnages).
13 – Rassuré par un ange qui lui révèle l’intervention divine, il demande pardon à Marie qui le fait se relever l’ange et les deux personnages à sa droite.
14 – Joseph et Marie partent pour Nazareth (tous les personnages sous les arcades).
1 – (avant-dernière figure à droite) Au temple de Jérusalem (ici représenté par une double arcade treflée sur colonnettes), le grand prêtre refuse les présents qu’offrent Anne et Joachim. Il leur montre la loi, anathème sur les mariages stériles
2 – Joachim s’enfuit dans la montagne avec un berger ami (dernière figure à droite).
 
Notons que quelques sculptures concernant ces histoires s’étendent à gauche et à droite.
A gauche
8 – Les autres prétendants avec leurs baguettes (voussures 1 et 2)
 
Le tympan Le tympan
L’élément principal de tout le portail Sainte-Anne est le groupe de la Vierge à l’Enfant que l’on voit au tympan. Elle est assise sur un trône et porte une couronne. Sa main gauche soutient un sceptre qui se termine en fleur et sa main droite tient fermement l’Enfant placé entre ses genoux. Lui-même a dans sa main gauche le Livre de la Loi et de la droite, il bénit le monde. Comme un monarque de l’époque, cette vierge en majesté trône sous un dais, le ciborium, dont le sommet représente le Temple, celui de la Jérusalem céleste, de même que les cavités sur les côtés du trône évoquent les demeures de la ville. La couronne placée au sommet de la tête marque l’accomplissement de la personne, sanctionnée par la puissance divine. Le cercle qui lui donne forme est symbole de perfection et de participation à la nature céleste. La couronne est aussi récompense de l’épreuve et promesse de vie immortelle. De part et d’autre de la Vierge à l’Enfant sont placés deux anges. Celui de droite élève un encensoir, celui de gauche a suspendu ce mouvement pour joindre les mains et adorer. Il précède un évêque mitré et crossé. Ce serait selon l’interprétation traditionnelle, Maurice de Sully, lui-même, dont nous savons qu’il fut pendant trente-six ans, le premier promoteur de la construction de Notre-Dame. Il déploie un phylactère, c’est-à-dire, pour le Moyen Âge, une sorte de banderole aux extrémités enroulées portant une inscription. Derrière l’évêque un clerc écrit sur une tablette. Ce serait le doyen du chapitre, Barbedor, qui aida au financement de la construction de la cathédrale et fut aussi secrétaire du roi Louis VII. Car, derrière l’ange de droite, on voit un roi à genoux déroulant lui aussi un phylactère, qui serait ledit Louis VII. Mais cette interprétation est actuellement contestée. Il s’agirait, non pas de Louis VII et de Maurice de Sully, mais de Childebert 1er, fils de Clovis et de Saint-Germain, évêque de Paris au Vie siècle, qui fondèrent la basilique Saint-Vincent, Sainte-Croix, la future Eglise Saint-Germain des Prés. Le tympan avait été exécuté en plein cintre, et dans des dimensions trop réduites par rapport à l’ouverture actuelle du portail. Un raccord avec les voussures a alors été établi. Deux autres anges apparaissent ainsi au-dessus du ciborium, l’un maniant l’encensoir et l’autre sonnant de la trompe. Des pampres de vigne qui symbolisent selon la tradition l’église, complètent la décoration.
 
La statue de Saint-Marcel au trumeau
Le trumeau du Portail Sainte-Anne est occupé par une statue de Saint-Marcel, évêque de 436 à 438. Il s’agit de la réplique de celui que l’on peut voir au Musée de Cluny. Elle est placée sous un dais figurant Jérusalem et sur lequel prend appui le groupe central du linteau inférieur. La main droite esquisse une bénédiction mais la gauche tient la crosse et la plonge dans la gorge d’un monstre ailé. Au-dessous, un cadavre, qui, selon la légende relatée par Venance Fortunat à la fin du VIè siècle, est celui d’une femme riche et adultère. Sa tombe était violée chaque soir par une sorte de dragon-serpent qui venait se nourrir de ses restes. La population du bourg voisin, terrorisée, supplia Marcel d’intervenir. Saint Marcel était très vénéré pas les Parisiens. Jusqu’au XVIIIè siècle sa riche et lourde châsse était, plusieurs fois par an, portée en procession au milieu d’une foule considérable.
 
De part et d’autre des vantaux se trouvent quatre statues dans les ébrasements. A gauche :
Saint-Pierre et sa clé.
Un roi
Une reine
Un roi
A droite
Saint-Paul tient un livre dans ses mains,
Le Roi David
La Reine de Saba
Un roi
Ces statues ont été réalisées par l’atelier de sculpture installé par Viollet-le-Duc et Lassus. Les consoles qui les supportent ont été rétablies par la même atelier.

Le Portail de la ViergeLe Portail de la Vierge
Ce portail est dédié à la Vierge Marie. Il se trouve à gauche du portail du jugement dernier. Il est un peu plus ancien que le portail du Jugement Dernier et date des années 1210. Gravement endommagé en 1793 (les neuf grandes statues avaient été détruites), il a fait l’objet d’une remarquable restauration au XIXe siècle, grâce à une abondante documentation qui a servi de base à la restitution des statues. Dans le mur de la façade, autour des arcs du tympan, on remarque une cannelure pointue. Les bâtisseurs voulaient que ce portail soit différent des autres en l’honneur de la Vierge, à laquelle la cathédrale est dédiée.
 
Les statues des ébrasements
Huit statues sculptées au XIXe siècle se trouvent de part et d’autre du portail de la Vierge. Sous la statue de Saint-Denis (qui porte sa tête dans ses mains), on voit dans un écoinçon un homme replié sur lui-même, prêt à bondir, tenant en main un glaive, cependant qu’au-dessous à gauche, on identifie dans un panneau le bourreau s’apprêtant à trancher la tête du premier évêque de Paris. De même, aux deux anges placés à ses côtés représentent des épisodes de la lutte entre bons et mauvais anges. La dernière statue à gauche porte un sceptre et un globe : ce serait l’empereur Constantin. A droite de la Vierge, les statues des ébrasements ont été restituées par Viollet-le-Duc. Ce sont :
Saint Jean-Baptiste, dans l’écoinçon placé en-dessous se trouve une femme dont le visage exprime l’effroi.
Saint-Etienne
Sainte-Geneviève. Un démon est placé dans l’écoinçon. Selon une légende ce démon cherchait à éteindre le cierge de la sainte, mais un ange veillait à le rallumer aussitôt.
Saint Sylvestre, Pape. Sylvestre est coiffé du camelaucum, à forme conique, en poil de chameau (comme son nom l’indique). Il fut porté par les papes jusqu’à la Renaissance.
 
Les Voussures
Au couronnement de la Vierge participe la cour céleste. Les quatre rangs de voussures – en dehors des six prophètes et des deux rois à la base prolongent le linteau inférieur – s’efforcent de représenter ce peuple de bienheureux associés à la gloire divine. Il y a là, au premier rang douze anges, dont six à gauche tiennent des cierges et six à droite balancent des encensoirs. Au deuxième rang, on compte douze patriarches, au troisième quatorze rois et au quatrième quatorze prophètes. Un cordon de feuillage peuplé d’oiseaux entoure les voussures. Ces voussures sont encadrées d’une moulure à la différence des deux autres portails.
 
Les Linteaux Les Linteaux
Six personnages figurent au linteau inférieur, trois prophètes à gauche et trois rois à droite. Sur leurs genoux, ils déroulent des phylactères, montrant ainsi que la promesse du Messie contenue dans l’Ecriture sainte a été accomplie. En outre, au bas des voussures, à droite, comme à gauche, on remarque trois autres prophètes et un roi qui portent le même témoignage. Les deux groupes sont séparés par un dais double. Symbolisant le temple de Jérusalem, il contient l’Arche d’alliance.
Au linteau supérieur, la Vierge est étendue sur un linceul soulevé aux extrémités par deux anges. Elle est comme morte, mais elle est sans doute endormie comme l’était Lazare avant que Jésus ne le ressuscitât. C’est pourquoi on parle de dormition plutôt que de mort de la Vierge. Huit apôtres debout encadrent Jésus et quatre sont assis à gauche et à droite des anges. Celui qui tient les clefs du Royaume est Pierre, l’autre pourrait être Paul. Les deux derniers apôtres, la tête appuyée sur une main, semblent méditer : celui de droite qui est jeune et imberbe à la différence des autres apôtres, peut être Jean. Chacun de ces deux apôtres est placé sous un arbre.
 
En abordant la partie inférieure du portail, observons que sa fonction contraste avec celle de la partie supérieure. Alors que cette dernière est tournée vers la ciel, au contraire, personnages et images de la partie inférieure s’adressent directement à nous. La statue de la Vierge à l’Enfant qui se dresse au trumeau n’est pas celle du XIIIe siècle qui avait été détruite en 1793. Elle n’est pas non plus celle du XIVe siècle qui fut placée au même endroit en 1818. C’est finalement une commande banale de Viollet-le-Duc. Remarquons les sculptures se trouvant à sa base : la Création de la femme, la Faute et la Punition. Elles peuvent en effet retenir l’attention, au moins par leur rythme.
 
Sur le côté gauche du trumeau, on remarque une série de six bas-reliefs que l’on doit lire en partant du milieu :
L’hiver, l’homme présente mains et pieds au feu, au mur une provision de bois,
L’approche du froid, l’homme apporte un fagot sur son épaule,
L’automne, l’homme est déjà chaudement vêtu,
Le passage de l’hiver au printemps, un homme à deux têtes est couché. La moitié gauche de son corps est vêtue et la moitié droite nue. La tête gauche est celle d’un vieil homme barbu, celle de droite appartient à un jeune homme imberbe.
Le printemps, un homme debout a retiré son manteau et ne conserve que ses braies,
L’été, l’homme est nu à l’ombre d’un arbre.
 
Sur le côté droit du trumeau se trouvent Les âges de la vie, en partant du bas :
L’enfant,
L’adolescent,
Le jeune homme chasse au faucon, son chien le suit,
L’homme lit, médite,
A l’âge mûr, il conseille,
Vieillard, il s’assoupit.

Le zodiaque et les saisonsLe Zodiaque
Chacun du côté du piédroit sur lequel pivote un vantail de la porte est orné de six figures, les unes appartiennent au zodiaque, les autres expriment les travaux des mois. On sait que le zodiaque était pour les Anciens la zone de la sphère céleste, large d’environ huit degrés de part et d’autre de l’écliptique, zone divisée en douze parties correspondant aux mois de l’année et portant chacun le nom d’une constellation. La représentation du zodiaque survécut à l’Antiquité. Malgré son opposition à l’astrologie, l’Eglise accepta qu’elle figurât sur ses édifices. Il faut examiner ces sculptures à partir du piédroit de gauche de bas en haut pour poursuivre sur le piédroit de droite de haut en bas. Quelques remarques peuvent être faites :
Le Verseau est représenté par un cétacé qui porte deux hommes : l’un est assis et incline une amphore d’où l’eau s’échappe (le verse-eau) ; l’autres à califourchon, qui soutient de sa main un navire, pourrait être symbolique du Christ portant l’Eglise.
Le Lion et le Cancer sont intervertis.
Le Capricorne qui figure dans la moitié d’un panneau a été refait au XIXe siècle. L’autre moitié contient une figure qui peut être celle de la fécondité.
 
Quant aux mois, ils sont figurés par les activités des hommes dans le pays rural si proche.
Ainsi pour Janvier représenté par un homme à table et son serviteur,
Février par un homme emmitouflé dans un manteau qui se chauffe sous les salaisons qui l’aident à subsister en hiver,
Mars par la taille de la vigne,
Avril par le blé qui lève,
Mai par la chasse au faucon,
Juin par la fenaison,
Juillet par un paysan aiguisant sa faux,
Août par la moisson,
Septembre par le foulage du raisin dans la cuve,
Octobre par les semailles,
Novembre par les porcs à la glandée,
Décembre par l’abattage du cochon.
 
Les statues des Portails Les statues des portails
Quatre statues ornent les côtés des portails de la façade occidentale de Notre-Dame. Celle de gauche représente le diacre Saint-Etienne et celle de droite, vraisemblablement Saint-Denis. De part et d’autre du grand portail – le portail du Jugement Dernier – se trouve à gauche deux statues allégoriques représentant l’Eglise à gauche et la Synagogue, à droite. Or, à y regarder de plus près, la statue « La Synagogue » n’est pas affublée d’un bonnet ou d’un casque, mais c’est le corps d’un serpent qui passe sur le front, dont on aperçoit la tête à l’arrière de la statue. La statue de l’Eglise est altière alors que la Synagogue baisse la tête. En effet, l’image de la Synagogue devint clairement négative à partir de la fin du Moyen Âge, lors de l’avènement des Croisades. La statue est donc présentée, les yeux carrément bandés, sa couronne à terre et sa lance brisée en plusieurs morceaux. Le bandeau serpentiforme atteste de son aveuglement de n’avoir pas reconnu le messie en la personne du Christ.
 
Sous la balustrade, s’étend la large bande horizontale de la Galerie des Rois. Elle aligne vingt-huit statues représentant vingt-huit générations de rois de Judée, descendants de Jessé et ancêtres humains de Marie et de Jésus, et date de 1210. Cet ensemble souligne que Marie, vraie femme, née de la race humaine, engendre Jésus, vrai homme et vrai Dieu. Mises en place dans le premier tiers du XIIIème siècle, ces statues peintes vont très vite apparaître comme des représentations des rois de France que les simples gens aimaient reconnaître. Dès 1284, c’est ainsi qu’elles sont présentées. Et cette tradition se perpétuera au cours des siècles. C’est pourquoi, au moment des troubles de la Révolution, elles subiront d’importantes mutilations comme symboles du despotisme royal et seront abattues.
    En 1843, quand les architectes Viollet-Le-Duc et Lassus reçoivent le chantier de Notre-Dame, il ne demeure aucune de ces statues. Viollet-Le-Duc décide, avec l’aide de l’atelier de Geoffroi-Dechaume, de restituer les statues que nous voyons aujourd’hui.
    En 1977, à la faveur de travaux dans le quartier parisien de la Chaussée d’Antin, 143 fragments des statues royales de Notre-Dame furent redécouverts. On a trouvé 21 des 28 têtes de rois. Ils sont actuellement exposés au musée de Cluny.
Les rois de Judée (dates de règne) :La Galerie des rois
    Jessé (-1050-1010)
    David (-1010-970)
    Salomon (-970-931)
    Roboam (-931-914)
    Abia (-914-911)
    Asa (-911-870)
    Josaphat (-870-845)
    Joram (-845-843)
    Ozias (-776-758)
    Joatham (-758-742)
    Achaz (-742-726)
    Ezéchias (-726-697)
    Manassé (-697-642)
    Amon (-642-640)
    Josias (-640-609)
    Jechonias
    Salathie
    Zorobabel
    Abiud
    Eliakim
    Azor
    Sadok
    Achim
    Eliud
    Eleazar
    Matthan
    Jacob
    Joseph
 
La Grande Galerie
Les colonnettes fines sont unies deux à deux par des arcades en tiers-point qui s’entrecroisent, formant une longue série de triangles curvilignes. Au-dessus des colonnettes, une balustrade percée d’ouvertures à quatre feuilles dissimule aux trois-quarts les visiteurs qui déambulent lors de leur visite.
 
Le balcon de la Vierge Le Balcon de la Vierge
Cette statue de la Vierge consacre la totalité de la façade à la mère du Christ. Elle fut commandée par Viollet-le-Duc pour remplacer la statue originale de l’époque médiévale, sévèrement endommagée par les années et les conditions climatiques. La rosace ouest se trouvant derrière cette statue constitue une auréole magnifique. Viollet-le-Duc plaça également des statues d’Adam et Ève devant les baies de chaque côté de la rosace. Il s’agit là, d’après la plupart des experts, de l’erreur principale de Viollet-le-Duc dans une restauration qui, sinon, peut être qualifiée de remarquable. Tout semble prouver qu’aucune statue n’a existé à cet emplacement. Les statues d’Adam et Ève auraient en fait dû être placées dans les niches de la façade intérieure du bras sud du transept.
 
Faisons le tour par la gauche.
 
La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du chœur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175, avant la consécration. Les travaux s’arrêtèrent après la quatrième travée laissant inachevée la nef tandis qu’on commença l’édification de la façade en 1208. L’édification de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade. À la fin des années 1220, le quatrième architecte de Notre-Dame entreprit de modifier totalement le plan initial au niveau de la partie supérieure de l'édifice, alors que celui-ci était encore en cours de construction. L’obscurité de Notre-Dame, jugée trop importante dès le début de la construction, était devenue insupportable, surtout par comparaison avec la clarté dans laquelle baignaient les sanctuaires plus récents encore en construction. Une mise à niveau devenait indispensable si l'on désirait que la cathédrale reste la référence et ne soit pas considérée comme archaïque. On procéda donc à d’importantes modifications. L’architecte entreprit alors l’allongement des baies vers le bas par suppression de l’ancien troisième niveau, celui des roses de l’ancien édifice donnant sur les combles des tribunes. On supprima dès lors ces combles au profit d’une terrasse coiffant ces tribunes et formée de grandes dalles. Se posait alors le problème de l’évacuation des eaux de pluie qui risquaient de stagner suite à la suppression du toit incliné des tribunes. L’architecte dut de ce fait introduire un élément nouveau dans l'architecture, dont nous sommes aujourd'hui encore héritiers : recueillir les eaux de pluie sous la toiture par un système de chéneaux, et les évacuer de proche en proche par des conduits verticaux vers un système se terminant au niveau de longues gargouilles destinées à les projeter au loin de l'édifice. Cela constituait un système tout à fait nouveau de gestion des eaux de pluie au sommet des bâtiments. En corollaire toute une série d’autres modifications durent être effectuées au niveau supérieur de l’édifice (parties hautes du vaisseau principal) : reprise de la toiture et de la charpente, remontée des murs gouttereaux, création de chéneaux. Surtout on remplaça les arcs-boutants supérieurs à double volée par des grands arcs-boutants à simple volée lancés au-dessus des tribunes.
 
La Façade Nord La façade Nord
La cathédrale Notre-Dame présente une magnifique façade de son transept nord, édifiée par Jean de Chelles, de 1250 à 1260. Le trumeau du portail est orné de la véritable Notre-Dame de Paris, unique statue datant de l’origine de la cathédrale, soit d’environ 1260. La Vierge montre le divin Fils et sous ses pieds rampe un animal symbolisant Satan. Aux tympans, on voit de bas en haut, des scènes de l’enfance de Jésus et la légende du diacre Théophile qui a vendu son âme au diable – la Vierge arrache le contrat et, tout en haut, un évêque fait récit de l’événement. Ce portail, postérieur d’un siècle aux trois portails de la façade principale, en est bien différent par la présence de ces gables, pinacles, clochetons, caractéristiques du style gothique. Au-dessus, on admire des fenêtres à claire-voie dont le vide, 18 mètres sur 13, l’emporte de beaucoup sur le plein et rappelle la légèreté de la Sainte-Chapelle. On peut également remarquer la grande rose, de 1250-1260, imitée de celle de la façade, mais d’un diamètre de 13 mètres au lieu de 10. Divisée en 80 compartiments, elle contient des vitraux dont la majorité date de 1275 et diffusent une lumière bleu azur. Au-dessus encore, le pignon a été construit très ingénieusement en retrait afin de ne pas charger de son poids la grande rose.
 
Le Portail du Cloître
Le portail du Cloître se situe au niveau du bras nord du transept, et a été construit vers 1250 par l’architecte Jean de Chelles. La construction de la façade nord est en effet quelque peu antérieure à celle de la façade sud. Presque toujours dépourvue d’ensoleillement, et située dans une rue animée, cette façade nord a moins de succès auprès des touristes et des visiteurs que sa sœur cadette sud. Un peu moins décorée, elle est cependant presque tout aussi belle et son portail présente l’énorme avantage de pouvoir être franchi pour accéder rapidement au cœur du sanctuaire. Elle est divisée en trois étages, en léger retrait les uns par rapport aux autres. Le niveau inférieur est celui du portail surmonté de son grand gable. Le niveau moyen est constitué d’une gigantesque verrière comprenant l’impressionnante rosace, merveille du xiiie siècle, surmontant une claire-voie. Enfin l’étage supérieur est celui du pignon triangulaire masquant l’extrémité des combles du bras nord du transept. Au trumeau du portail, une statue de la Vierge sans enfant. Cette statue a pu échapper à la destruction en 1793, mais l’enfant Jésus qu’elle portait a été brisé. On dit que c’est l’épouse de saint Louis, Marguerite de Provence, qui aurait servi de modèle au sculpteur. Les six grandes statues des piédroits détruites à la Révolution n’ont pas été reconstituées au xixe siècle, lors de la grande restauration menée par Eugène Viollet-le-Duc. La partie inférieure du tympan, le linteau, représente des scènes de l’enfance du Christ. Ces sculptures sont parmi les plus belles œuvres sculptées sur ce thème. Elles montrent le rôle de Marie dès l’enfance de Jésus. Les quatre scènes représentées sont la naissance de Jésus dans une humble crèche, l’offrande au temple de Jérusalem après la naissance de Jésus, la persécution des enfants par le roi Hérode et la fuite en Égypte de Joseph et Marie pour protéger l’Enfant. La partie supérieure du tympan présente le très populaire Miracle de Théophile qui est un des « Miracles de la Vierge » dont le Moyen Âge tardif était friand. Il s’agit d’une histoire « faustienne » du Moyen Âge39. Théophile, clerc de l’évêque d’Adana en Asie Mineure, était jaloux de ce dernier. Pour supplanter son évêque, il vend son âme au diable. Le pacte est consigné sur un parchemin que ce dernier emporte. Avec l’aide du diable, Théophile parvient à humilier son évêque. Mais il se repent et, ne sachant comment sortir de l’impasse où il s’est mis, il implore la Vierge. Celle-ci menace le diable et force ainsi ce dernier à remettre le parchemin maudit. Comme pour la façade du croisillon sud, on retrouve les mêmes éléments architecturaux au niveau de la façade du croisillon nord : un beau gable surmonte le portail, et une galerie de vitraux ou claire-voie occupe l’espace entre l’étage du portail et celui de la rosace. Cette dernière, grand chef-d'œuvre de l’architecture religieuse gothique, mesure plus de 13 mètres de diamètre, comme la grande rosace sud. Le tout est surmonté d’un pignon richement décoré et analogue en gros, sans être identique, à celui du sud. Il est percé d’une rose éclairant les combles du transept nord, ainsi que de trois oculus. À sa base, de chaque côté, s’élève un grand pinacle peu sculpté (contrairement aux voussures) ayant la forme d’un élégant clocheton, surmontant chacun un des deux puissants contreforts encadrant la façade. La façade nord de Notre-Dame, largement privée de soleil et ne bénéficiant pas de la proximité du fleuve, n’a pas la même popularité que la façade sud souvent baignée de lumière. Formant la bordure sud de la rue du Cloître Notre-Dame, elle gagne cependant à être admirée. C’est un visage moins connu de Notre-Dame qu’on y retrouve. Les gigantesques arcs-boutants dotés de longues gargouilles grimaçantes et appuyés sur de massives culées, montrent clairement que la cathédrale est aussi une lourde et impressionnante construction de pierres. C’est au niveau de la face nord de la tour nord (16 mètres de largeur à la base) que cet aspect apparaît le plus nettement. La partie inférieure de la tour, haute de plus de 30 mètres, avec ses trois contreforts massifs, presque sans décorations ni ornements, avec ses blocs de pierre taillés avec rigueur et continuellement à l’ombre depuis des siècles, fait en sorte que l’édifice devient même quelque peu écrasant.
 
La Porte RougeLa Porte rouge
La porte Rouge, porte de communication privée entre la cathédrale et l’ex-enclos des chanoines, œuvre de Pierre de Montreuil date des environs de 1250. Elle est surmontée d’un gâble flanqué de deux pinacles et terminé par un fleuron. Dans sa double pente, ponctuée de crochets, s’inscrivent, de haut en bas, un trilobe, une seule mais large voussure, en fin un tympan. Les niches sont vides de statues, mais les soubassements sont décorés de rosaces et d’octogones où figurent des animaux, vrais ou imaginaires, inspirés des tissus orientaux.
Marie est couronnée par un ange qui vole horizontalement. Le Christ tient dans une main le Livre de la Vie et de l’autre, il bénit sa mère. Celle-ci-joint les deux mains. Deux personnages les encadrent : Saint-Louis à gauche et sa femme Marguerite de Provence à droite. Le roi prie.
Dans la voussure, une série de sculptures rappelle six épisodes de la vie de Saint Marcel. Après un épisode devenu méconnaissable, nous voyons en suivant la courbure de gauche à droite, Marcel qui d’abord baptise, ensuite instruit des clercs, puis donne la communion. Ensuite in chasse un dragon-serpent du tombeau d’une femme adultère. Enfin, il délivre des possédés.
 
Les bas-reliefs de la Vierge
Au carrefour des rues du Cloître-Notre-Dame et Massillon, le mur extérieur de Notre-Dame présente une série de sept bas-reliefs, encastrés, du début du XIIIème siècle, relatifs à la Vierge.
La mort de la Vierge
Jésus et les Apôtres sont devant le corps de la Vierge, étendu dans un linceul. Selon la tradition, elle est seulement endormie et Jésus va la tirer de son sommeil. Mais ici, les Apôtres et les anges sont là, bouleversés devant le cadavre. Jésus viendra-t-il ?
Les Funérailles
Les Apôtres portent le cercueil couvert d’un drap. Ici se place un événement en plusieurs phases que le sculpteur a reproduites sur le même panneau. Selon la Légende dorée, le grand prêtre Jechonias s’approcha du cercueil dans le dessein de s’en emparer pour le brûler mais, à peine ses mains l’eurent-elles touché, qu’elles se desséchèrent et furent tranchées d’un coup d’épée par l’archange Michel. Tombé à terre, le grand prêtre implora le pardon de la Vierge et, grâce à l’intercession de Saint Pierre, ses mains reprirent vie et se ressoudèrent aux moignons. Nous retrouvons ici ces moments successifs : le grand prêtre est d’abord suspendu au cercueil, puis ses mains, doigts écartés, se dessinent seules sur celui-ci, cependant que son corps se tord au sol.
L’Assomption
La Vierge d’élève dans une auréole de gloire. Huit anges l’accompagnent sur la voie qui mène au trône qu’elle occupera dans les cieux aux côtés de son fils.
La Légende de Théophile
Dans ce panneau qui a souffert du temps, plusieurs événements sont représentés côte à côte. A droite, Théophile est étreint par le diable qui tient en main le parchemin déjà signé. Au centre, Théophile supplie la Vierge. A gauche, elle arrache le parchemin des mains du diable.
Les trois autres panneaux sont très dégradés. Ils avaient pour objet le couronnement de la Vierge, sa glorification dans le ciel et enfin son intercession avec saint Jean auprès de son fils au jour du jugement.
 
On pénètre dans Le Square Jean XXIII

Le terrain qui longeait la cathédrale Notre-Dame était occupé jusque dans les années 1830 par le Palais de l’Archevêché. Célèbre pour sa beauté, la grandeur de ses pièces et son jardin dessiné par Gabriel Thouin, il fut malheureusement saccagé par les émeutes anti-légitimistes du 14 février 1831. Rasé, il fut remplacé par un jardin en 1837. En 1850, Viollet-Le-Duc et Lassus construisirent le presbytère et la sacristie de la cathédrale Notre-Dame, qui jouxte le jardin. Le comte Rambuteau, préfet de la Seine de 1833 à 1848, fut chargé de la création du jardin actuel.
 
La Fontaine de la Vierge La Fontaine de la Vierge
La fontaine de la Vierge est placée dans le square Jean-XXIII, derrière le chevet de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Elle se situe au centre d'un parterre de pelouse. La fontaine est créée par Alphonse Vigoureux en 1845, afin d'équiper le square Jean-XXIII, créé l'année précédente. La fontaine est un édifice de plan triangulaire, très élancé, d'une dizaine de mètres de haut. La base de la fontaine est constituée de trois faces, dont les angles sont biseautés, lui donnant l'aspect d'un hexagone irrégulier. Chacun des angles est occupé par la statue d'un archange, reposant chacun sur un petit piédestal d'où jaillit l'eau de la fontaine. La base est surmontée par 3 colonnes qui soutiennent une flèche dentelée. Le centre des colonnes abrite une Vierge à l'Enfant, sculptée par Louis Merlieux, posée sur un pilier. La base de la fontaine repose dans une vasque à six côtés : trois de ces côtés, correspondant aux faces de la base, sont droits ; les trois autres, correspondant aux angles, sont semi-circulaires. La vasque repose elle-même sur un bassin hexagonal.
 
Le buste de Carlo Goldoni
Le buste de Carlo Goldoni (1707-1793) se trouve dans le square Jean XXIII, au chevet de Notre-Dame. Il s’agit de l’œuvre d’Eduardo Fortini en 1906.
 
Le Chavet Le Chevet de la Cathédrale
Le chevet est constitué par un demi-cercle situé dans la partie la plus à l’est de la cathédrale. Il correspond à l’abside de l’intérieur de l’édifice, entourée du rond-point du déambulatoire et des chapelles absidiales. Le chevet est la partie la plus ancienne du sanctuaire. Il fut bâti durant la première phase de construction, de 1163 à 1180. Une série d’admirables grands arcs-boutants dotés d’élégants pinacles soutient son mur supérieur arrondi. On ne sait pas si des arcs-boutants soutenaient dès le début le chevet et le chœur. Le fait est qu’on n’en trouve actuellement nulle trace. Au xixe siècle, Viollet-le-Duc n’en fit pas mention non plus, et aucune source antérieure ne nous aide. L’opinion la plus généralement admise est donc qu’il n’en existait pas, tout comme les actuels bras du transept n’ont jamais été soutenus par des arcs-boutants. Les divers contreforts suffisent à soutenir l’ensemble. Les premiers arcs-boutants auraient dès lors été construits peu avant 1230, par le quatrième architecte de la cathédrale, et ce chronologiquement peu avant ceux de la nef. Comme pour la nef, leur fonction de soutien de l'édifice aurait été mineure au regard de leur rôle dans l’évacuation des eaux de pluie. Ces arcs-boutants du début du xiiie siècle furent remplacés au début du xive siècle par de nouveaux. Ceux-ci, d’une portée de 15 mètres, furent lancés par Jean Ravy pour soutenir le chœur et son chevet. Ils sont au nombre de quatorze autour du chœur, dont six pour le chevet proprement dit. Comme ceux du début du xiiie siècle, ils paraissent particulièrement minces et audacieux. En effet, en plus de leur minceur, source d’une apparente faiblesse, ces arcs-boutants, à l’inverse de ceux de la nef, sont percés d’un trilobe accentuant leur relative fragilité. Le chevet est décoré de sculptures et de panneaux représentant entre autres des épisodes de la vie de la Vierge.
 
Les statues du toit
La forme de la flèche reproduit l’octogone de la souche : sur chaque côté et sur deux niveaux, des fenêtres couronnées de gâbles s’ouvrent, dominant les statues, en cuivre vert-de-grisé, des douze Apôtres qui alternent, trois par trois, avec les symboles de quatre évangélistes. Ici les trois Apôtres se trouvent au nord-est. On y remarque Pierre tenant la clef du royaume, Jean portant un calice et André serrant une croix. Dans le groupe se trouvant au sud-est l’apôtre Thomas est représenté sous les traits de Viollet-le-Duc – qui a restauré la cathédrale au XIXème siècle – regardant vers la flèche et non vers l’extérieur, comme pour les autres Apôtres.
 
La girouetteLa girouette
Perché à 96 mètres du sol, le coq ne prête guère à l’attention des passants et touristes. Personne ne sait qu’il contient un vrai trésor. Lors de travaux réalisés sur la flèche en 1925, on découvrit que le coq contenait de la poussière d’os. On remplaça ces reliques non identifiées par un tube en étain contenant des reliques des saints patrons de Paris, Saint Denis et Sainte Geneviève en y ajoutant l’une des épines de la couronne du Christ. Ces reliques furent placées à cet endroit en 1935, au temps de monseigneur Verdier. Le coq constitue ainsi une sorte de « paratonnerre spirituel » protégeant tous les fidèles qui œuvrent et pratiquent selon la loi de Dieu, dans le cadre de la cathédrale.
 
La flèche
La première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept au xiiie siècle, vraisemblablement entre 1220 et 1230. Des flèches aussi hautes souffrent du vent qui plie et affaiblit leurs structures. La flèche est déformée lentement, les solives se faussent, jusqu’à l’écroulement total. La flèche d’origine fut démontée en 1786, après plus de cinq siècles d’existence. La cathédrale resta sans flèche jusqu’à la restauration dirigée par Viollet-le-Duc et réalisée par les Ateliers Monduitau milieu du xixe siècle. Elle est en chêne recouvert de plomb et pèse 750 tonnes. Cette flèche est gardée par les statues, réalisées en cuivre repoussé, des 12 apôtres (disposées en quatre rangées — une à chacun des points cardinaux — de trois apôtres, ceux-ci étant placés les uns en dessous des autres). Chaque groupe d’apôtres est précédé par un animal symbolisant l’un des quatre évangélistes. Le bœuf pour Luc, le lion pour Marc, l’aigle pour Jean et l’homme (ou l’ange) pour Mathieu. Ces statues sont l’œuvre de Geoffroi-Dechaume, et constituent un remarquable ensemble en pleine harmonie avec l’esprit du xiiie siècle. Les apôtres sont tous tournés vers Paris, excepté l’un d’eux, saint Thomas patron des architectes, lequel se retourne vers la flèche. Celui-ci ressemble étrangement à Viollet-le-Duc, l’architecte de la flèche se retournant comme pour contempler une dernière fois son œuvre. Il s’agit là d’une petite plaisanterie historique de l’architecte-restaurateur.
 
Les gargouilles Les Gargouilles
Les gargouilles de Notre-Dame sont célèbres. Elles ont été mises en place à l’extrémité des gouttières pour évacuer l’eau de pluie de la toiture et ne désignent que les extrémités des conduits d’écoulement des eaux. Comme elles dépassent dans le vide, les masses d’eau parfois impressionnantes des averses sont rejetées loin des murs de la cathédrale qui ainsi ne s’abîment pas. Elles ont souvent la forme d’animaux fantastiques, voire effrayants. Elles datent du Moyen Âge. De fort belles gargouilles se trouvent notamment au niveau des grands arcs-boutants du chœur. Le système d’écoulement des eaux du toit de l’abside se termine par une canalisation sur le sommet des arcs-boutants puis par de longues gargouilles. Pour avoir une idée de leur utilité, il faut aller les voir fonctionner un jour de forte pluie sur Paris. Les chimères par contre sont des statues fantastiques et diaboliques et souvent grotesques. Elles n’ont qu’un effet décoratif. On les retrouve au haut de l’édifice au sommet de la façade, au niveau de la balustrade couronnant la galerie supérieure qui relie les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de celles-ci, la Galerie des chimères. Tous les angles de cette balustrade servent de support ou de perchoir à des démons, des monstres et des oiseaux fantastiques. Ces éléments n’existaient pas au Moyen Âge et sont des ajouts incorporés par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Ces statues monumentales, grotesques certes, mais surtout effrayantes, étaient destinées à recréer l’atmosphère fantastique dans laquelle baignait le Moyen Âge. Ces œuvres furent conçues par Viollet-le-Duc lui-même qui les dessina, s'inspirant des caricatures d'Honoré Daumier, d'une édition illustrée de Notre-Dame de Paris de 1844, de ses propres illustrations des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France et des obsessions du XIXe siècle (eugénisme, homophobie, physiognomonie et théorie de la dégénérescence) : singes et hommes sauvages, crétin unicorne, figures de la propagande antisémite (mythe du juif errant)… Les statues furent réalisées par les membres d’une équipe de quinze sculpteurs remarquables du XIXe siècle (le principal étant Victor Pyanet) rassemblés autour de Geoffroy-Dechaume. À propos de ces statues, c'est « pour se protéger des démons qu’il est chargé de sculpter que l’artiste médiéval les tourne en dérision » selon l'historien d'art Michael Camille. C’était là un pari bien audacieux de l’architecte. On ne peut nier que ce fut un grand succès. L’architecte-restaurateur ne se bornait plus à restituer les sculptures détruites, mais montrait par là qu’il était aussi un brillant créateur, doué d’un génie inventif personnel. Aux adversaires du travail de Viollet-le-Duc qui dénoncent une sorte de contrefaçon, on répondra que de tout temps on a ajouté des décorations et ornements aux vieux édifices, et que les vitraux modernes qui ornent actuellement bien des sanctuaires gothiques, y compris Notre-Dame de Paris, sont la preuve que ce mouvement d’embellissement continue. Notre-Dame n’est pas un monument figé dans le passé, ni un musée, mais une cathédrale vivante. Confortablement installées au haut de la cathédrale, ces créatures monstrueuses semblent contempler la grande ville et se régaler de toutes les turpitudes qu’elles y découvrent. Parmi elles, la plus célèbre est sans doute la Stryge, esprit nocturne malfaisant semblable au vampire, déjà redouté des Romains, qui fut popularisé par le graveur Charles Meryon qui en publia une célèbre gravure en 1850.
Les arcs-boutantsLes arcs-boutant
Ces grands arcs-boutants sont remarquables et témoignent du génie de l’architecte de l’époque. Ils sont d’une seule longue volée, lancés au-dessus des collatéraux et leur tête soutient le haut des murs gouttereaux de la cathédrale. Ces têtes s’appuient au droit de conduits verticaux destinés à évacuer l’eau des chéneaux de la toiture de la nef. L’extrados des arcs-boutants est creusé d’une gouttière qui traverse le sommet de la culée et se termine par une longue gargouille. Ces arcs-boutants n’étaient pas essentiellement destinés à contrebuter l’édifice, mais à régler le problème de l’évacuation des eaux de pluie, devenu fort important après la transformation de la toiture des tribunes en terrasse. C’est ce qui explique la faiblesse relative de ces arcs. Leur construction est incontestablement une prouesse, ce qui se manifeste par leur grande longueur, mais aussi par leur minceur. Leur rôle étant faible dans le soutien de la voûte du vaisseau principal, l’architecte s’est permis d’être audacieux. Il faut souligner que la grande portée de ces arcs-boutants est tout à fait exceptionnelle dans l’architecture gothique du Moyen Âge. En effet dans les édifices de l’époque, bordés de doubles bas-côtés ou de doubles déambulatoires, les culées de ces énormes arcs-boutants devaient prendre un terrain considérable en dehors des églises. Or le terrain était chose à épargner dans les villes du Moyen Âge, dont la superficie était rendue inextensible par les murs qui enserraient les cités. Les arcs-boutants de la cathédrale de Paris, qui franchissent d’une seule volée les doubles bas-côtés de la nef comme le double déambulatoire du chœur, sont un exemple unique. Ordinairement, dans ce cas, les arcs-boutants sont à deux volées, c’est-à-dire qu’ils sont séparés par un point d’appui intermédiaire qui, en divisant la poussée, détruit une partie de son effet et permet ainsi de réduire l’épaisseur des contreforts extérieurs ou culées. C’est ainsi que sont construits les arcs-boutants de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, ceux de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges, ainsi que ceux du chœur de celle d’Amiens ; ces trois derniers édifices sont eux aussi dotés soit de doubles bas-côtés soit d'un double déambulatoire.
 
Le Toit Le toit et la charpente
Dans son testament, Maurice de Sully laissa la somme de cinq mille deniers pour le toit de la cathédrale, qui n’était recouvert que de matériaux temporaires jusqu’à sa mort en 1196. Le toit est recouvert de 1326 tuiles de plomb de 5 millimètres d’épaisseur. Chacune a dix pieds-du-roi de long sur trois de large (1 pied-du-roi = 32,484 cm et une toise = 6 pieds-du-roi). Le poids total en est évalué à 210 000 kg, soit 210 tonnes. Sous le toit se trouve la charpente construite totalement en bois de chêne et non pas de châtaignier comme on le pense souvent. La charpente actuelle date de l’époque de la construction de la cathédrale au début du xiiie siècle (on admet généralement 1220), Notre-Dame ayant eu la chance de ne pas connaître d’incendie majeur depuis lors. Elle a donc près de huit siècles d’âge. On l’appelle familièrement la « Forêt de Notre-Dame ». Ses dimensions sont de 120 mètres de longueur, 13 mètres de largeur dans la nef, 40 mètres de longueur dans le transept et 10 mètres de hauteur. Au total la charpente de bois a été constituée de 1 300 chênes, ce qui représente plus de 21 hectares de forêt. Avec l’architecture gothique, la construction des ogives a nécessité des toitures à forte pente. Celles de Notre-Dame de Paris sont de 55 °. Au moment de l’édification de la charpente, les gros troncs se faisaient rares étant donnés les défrichements de l’époque. Les charpentiers ont ainsi dû utiliser des bois à section plus réduite et donc plus légers qui ont permis l’élévation des charpentes et l’accentuation de leur pente. Dans le chœur construit en premier, il a existé une charpente antérieure avec des bois abattus vers 1160-1170. Cette première charpente a disparu, mais certaines de ses poutres ont été réutilisées dans la seconde charpente mise en place en 1220. À cette date en effet on a procédé au rehaussement du mur gouttereau de 2,70 mètres dans le chœur, afin de le porter au même niveau que celui de la nef. Les fenêtres hautes ont également été agrandies.
 
La façade sud et le portail Saint-Etienne
Commencé par Jean de Chelles en 1257, le portail Saint-Étienne fut terminé par Pierre de Montereau. Il se situe au niveau du bras sud du transept. Le tympan du portail Saint-Étienne est occupé par des bas-reliefs qui racontent la vie du premier martyr chrétien, saint Étienne, selon les Actes des Apôtres. Divisé en trois registres horizontaux superposés, le décor du tympan se lit de bas en haut et de gauche à droite : saint Étienne prêchant le christianisme et saint Étienne mené devant le juge au registre inférieur, la lapidation de saint Étienne et sa mise au tombeau au registre médian, et le Christ bénissant entouré de deux anges au registre supérieur. Le trumeau est occupé par une grande statue de saint Étienne, œuvre de Geoffroi-Dechaume exécutée au xixe siècle. La triple voussure de l’Intrados de la porte est sculptée de pas moins de vingt et un martyrs, auxquels des anges offrent des couronnes. On retrouve là saint Denissans tête, saint Vincent, saint Eustache, saint Maurice, saint Laurent avec son gril, saint Clément, saint Georges, et d’autres dont l’identité n’a pu être déterminée clairement. De chaque côté du portail trois statues d’apôtres, elles aussi modernes, destinées à remplacer celles fracassées par les vandales de la Révolution. Au-dessus du portail se trouve un beau gable ajouré surmonté de la magnifique rosace sud de la cathédrale offerte par saint Louis. Comme sa sœur du nord, la rosace sud, voit son diamètre atteindre 13,1 mètres, et, si l’on y ajoute la claire-voie sous-jacente, la hauteur totale de la verrière atteint presque 19 mètres. Cette rosace fut redressée par Viollet-le-Duc au xixe siècle, ce qui entraverait l’impression de rotation de la rosace. La raison de cette modification semble être que la rosace avait fort souffert au cours des siècles et surtout de l’incendie de l’archevêché déclenché par les insurgés de 1830. L’architecte-restaurateur constata de plus un affaissement important de la maçonnerie, et dut en conséquence reprendre entièrement cette façade. Il fit pivoter la rosace de 15 degrés à seule fin de lui donner un axe vertical robuste pour la consolider définitivement et éviter un affaissement ultérieur. Le maître verrier Alfred Gérente restaura à cette occasion les vitraux du xiiie siècle et reconstitua dans l’esprit du Moyen Âge les médaillons manquants. Au dernier étage de la façade, un remarquable pignon s’élève au-dessus de la rosace. C’est un des plus beaux exemples des pignons construits à l'époque (1257). Il est lui-même percé d’une rose ajourée, qui éclaire le comble du transept. Sur l’archivolte de la rosace est posé un entablement portant une balustrade, derrière laquelle court une galerie. Ceci permet le passage depuis les galeries supérieures de l’est de la cathédrale vers celles de l’ouest, galeries qui longent les toitures. Le pignon proprement dit s’élève de ce fait un peu en retrait par rapport à la rosace, et son épaisseur est de 70 centimètres. Il est allégé par la rose qui éclaire le comble et par des écoinçons. Deux grands pyramidions le flanquent formant les parties supérieures des contreforts qui contrebutent la rosace. Trois statues décorent le sommet et les deux angles inférieurs du pignon. Celle du sommet représente le Christ apparaissant en songe à saint Martin, revêtu de la moitié du manteau donné par ce dernier au pauvre de la légende. Les deux autres statues situées à gauche et à droite de la base du pignon, représentent saint Martin et saint Étienne. Le tout donne une impression de grande harmonie. La rose du comble est d'une proportion parfaitement en rapport avec la grande rosace du transept. D’après Viollet-le-Duc, la grande beauté de cette construction ne fut pas surpassée ailleurs dans l’architecture gothique.
 
La statue de Jean-Paul II
La mission catholique polonaise de France est à l'origine de cette initiative. L'exécution de l'oeuvre a été confiée à Zourab Tsereteli, un sculpteur russo-géorgien, de confession orthodoxe, président de l'Académie des beaux-arts de Moscou. C'est désormais au pied de Notre-Dame, à Paris, qu'il est possible d'en contempler une, et pour les croyants de la vénérer. Elle se dressera dans le square qui porte le nom de son prédécesseur, Jean-Paul II, canonisé en même temps que lui. La statue a été dévoilée le 25 octobre 2015.
 
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