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 LES CIRCUITS DE PARIS
 
 
Paris Circuits
 
 
Voici la liste des articles se rapportant à la catégorie "Circuits".
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AUTOUR DE L'ODEON
 
 Le Carrefour de l'Odéon
 
 
 
Nous allons voir qu’il a été possible que les Révolutionnaires et les Bourgeois se côtoient dans le quartier des Grands Augustins.
 
 
En effet, c’est à cet endroit que se trouvait le Couvent des Grands Augustins et c’est à proximité que se sont rencontrés les Révolutionnaires. Il demeure aujourd’hui de nombreux hôtels particuliers très bien conservés.
 
Comment s'y rendre
Nous débutons la promenade au métro Odéon (lignes 4 et 10).
Bus : 58/63/70/86/87/96 arrêt Saint-Germain-Odéon
 
Nous débouchons sur un îlot sur lequel se trouve l’imposante statue de Danton.
 
Le boulevard Saint-Germain et la rue de l’Ecole de Médecine forment une petite place, la Place Henri Mondor. Ne pas traverser le boulevard Saint-Germain immédiatement, mais le remonter vers la gauche jusqu’au passage pour piétons et tourner à gauche pour accéder au Carrefour de l’Odéon, qui est en réalité formé au carrefour des rues des Quatre Vents, de Condé, de l’Odéon et Monsieur-le-Prince.
 
Le Carrefour de l’Odéon
Depuis plusieurs années, la guerre fait rage en Vendée et les Chouans donnent du fil à retordre à la police. Leur chef, un certain Georges Cadoudal, est activement recherché mais réussi toujours à échapper aux limiers de la police. Le terroriste préparerait un attentat sanglant et il est considéré comme très dangereux. Ce jour-là, il est signalé à bord d'un cabriolet se dirigeant vers le carrefour de l'Odéon à Paris. Les policiers de la Sûreté sont à nouveau sur ses traces depuis quelques jours. Et c'est précisément à ce carrefour que les inspecteurs Buffet et Calliole se trouvent en surveillance. Voyant arriver l’équipage, ils tentent d'intercepter le dangereux malfaiteur. Mais Georges Cadoudal n’est pas homme à se laisser prendre aussi facilement et il va conforter sa réputation d’individu dangereux. Il tire sans hésiter sur les policiers. L’Inspecteur Buffet est atteint d'une balle en pleine tête. Il tombe sur la chaussée tandis que son collègue est à son tour blessé. D’autres policiers arrivés en renfort se lancent à la poursuite du bandit qui n'ira pas loin. L'arrestation tragique sera reprise par les gazettes de l'époque avec peintures, gravures, et imageries colorées ou l'on voit les deux policiers monter à l'assaut du cabriolet, puis gisant à terre dans leur sang tandis qu'on arrête Cadoudal.   Etienne Buffet, 43 ans, est le premier policier à être officiellement tué en service commandé. Marié, il était le père de trois enfants. C’est de cet événement que vient l’expression « Prendre une balle dans le buffet ».
Revenons vers la statue de Danton.
 
La statue de DantonLa statue de Danton
Dès le début des années 1880, l’intérêt porté au conventionnel s’inscrit dans le grand mouvement d’historiographie révolutionnaire vivifié par l’échéance du premier centenaire. Pour la Troisième République, célébrer Danton présente aussi un double intérêt idéologique et politique : anticlérical, antimonarchiste, il est aussi le promoteur des lois sur l’instruction publique et le héros de la défense nationale de 1792. Un concours entre artistes, voté par le Conseil municipal en 1888, couronne le projet du sculpteur Auguste Paris qui présente un groupe alliant force narrative et unité symbolique : deux jeunes volontaires (celui au tambour et celui au fusil) se redressent vers la figure de l’orateur qui appelle au courage et à la défense de la patrie. Le monument, inauguré le 14 juillet 1891, est érigé à l‘emplacement de la maison de Danton, le 20 – celle-là même où il fut arrêté le 30 mars 1794 – qui se trouvait au bout de la Cour du Commerce Saint-André, dans la partie démolie par le percement du boulevard Saint- Germain. Comme celle de Diderot, la statue de Danton fut épargnée par la vague de destruction qui, sous l’Occupation, priva Paris de la plupart de ses bronzes. Au-delà de son sens historique, ce géant héroïque, témoin silencieux de bien des événements, reste l’une des figures les plus familières du Quartier Latin.
 
Traversons le boulevard et dirigeons-nous vers l’entrée de la Cour du Commerce Saint-André.
 
La Cour du Commerce Saint-AndréLa Cour du Commerce Saint-André
Ce passage était autrefois plus long qu'il ne l'est aujourd'hui. On adore ce qu’il en reste, avec sa chaussée bombée et ses gros pavés. Il fut ouvert en 1735, mais la plupart des maisons datent de 1776. Le retour d’équerre qui rejoint la rue de l’Ancienne Comédie s’appelle le Passage du Jeu de Metz. C’est au-dessus de ce passage qu’habitat Camille Desmoulins. La communication avec la Cour de Rohan fut établie en 1791. De belles cariatides ornent l'entrée situé boulevard Saint-Germain.
Danton habitait avec son épouse la maison formant l'entrée du passage du côté de la rue de l’Ecole de médecine, et pouvait, par celui-ci, rejoindre le Procope où, depuis longtemps, avaient lieu des débats enflammés.
 
Au 9, dans l’atelier du charpentier allemand Schmidt fut essayée sur des moutons la guillotine, outil révolutionnaire qui devait, d'après son inventeur, le docteur Guillotin, « normaliser » la mise à mort des condamnés. Ce médecin, humaniste à ses heures, affirmait que la lourde lame glissant rapidement entre les deux montants de bois devait couper sans douleur la tête des détenus, ne provoquant qu'une vive impression de fraîcheur sur la nuque.
Au 19 – Brasserie d’époque « Le Relais Odéon ».
Au 8, Marat installa l'imprimerie de l'Ami du Peuple avec l’aide de Brune, dans une boutique récemment rénovée, qui était incluse dans la longue demeure basse aux nombreuses lucarnes. Ce dernier fonda le Club des Cordeliers avec Marat, Danton, Desmoulins et Hébert.
Au 4, on aperçoit, au milieu d’un restaurant, la base d'une des tours de l'enceinte de Philippe Auguste, du XIIIème siècle. Elle se poursuit au premier étage et jusque sous les toits. Une dalle vitrée permettait d’avoir une vue de la cave, mais elle a été occultée.
 
Le Café le Procope Le Procope
Situé au 13, rue de l’Ancienne Comédie, le Procope voit son histoire remonter à 1670, date à laquelle un noble sicilien de vingt ans, venu de Palerme chercher fortune à Paris, François Procope, de son vrai nom Francesco Procopio dei Coltelli, aidait à la foire Saint-Germain, les Arméniens Pascal et Maliban qui y débitaient en plein vent l’arôme nouveau appelé café. Il s’installa à son compte en 1675 et réussit vite, car jusqu’à cette époque on n’avait guère connu que des cabarets. En 1684, il put acheter trois petites maisons rue des Fossés-Saint-Germain et les remplaça par l’immeuble actuel. En 1689, la Comédie-Française s’installa au jeu de paume. Les dames de qualité n’ayant pas l’habitude d’entrer dans ce genre d’établissement, se faisaient porte un café à leur carrosse immobilisé devant le café. Puis le café devint un lieu de discussion où se réunissaient Voltaire, d’Alembert, Rousseau, Diderot etc..L’Encyclopédie est née ici d’une conversation entre Diderot et d’Alembert. Beaumarchais y venait. Procope, mort en 1716 a été remplacé par son fils Alexandre qui mourut en 1753, puis par Dubuisson, par Cusin et en 1789 par Zoppi, ami de Danton, de Marat et de Brune. Quelques années plus tard, ce fut le lieu de rencontre des révolutionnaires, Danton, Marat, Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine, Legendre. C’est d’ici que partit le mot d’ordre pour les attaques des Tuileries des 20 juin et 10 août 1792. Au temps du Romantisme, ce fut le café de Musset, George Sand, Théophile Gautier ou Balzac. Gambetta y introduisit la mode de fumer la pipe en public. Le café fut vendu le 24 avril 1872 à la baronne Thénard et ferma en 1890. Il abrita un cercle artistique où se réunirent Verlaine, Huysmans, Emile Goudeau etc.
 
Plus loin se trouve l’entrée arrière du Procope, où se réunissaient les révolutionnaires. Au-dessus, on peut remarquer une cloche.

Marat a habité et est mort dans un appartement situé dans la rue de l’Ecole-de-Médecine, proche, mais il a également vécu dans la partie subsistante du passage. Marat écrivait ses billets acides au Procope et lorsqu’ils étaient prêts, faisait sonner la cloche afin qu’un serviteur vienne chercher son document pour le porter à l’imprimerie toute proche.
Au 2, Hôtel meublé de Rouen où Sainte-Beuve occupa deux chambres. Il y reçut Mme Victor Hugo. Jules Vallès, traqué par les Versaillais s’y réfugia, déguisé en infirmier le 28 mai 1871.
 
En face du Procope se trouve le décrochement qui permet de rejoindre :
 
La Cour de RohanLa Cour de Rohan
Attention au digicode les weekends et jours fériés et parfois même durant la semaine.
La Cour de Rohan est, en réalité composée de trois courettes successives.
Lorsque l’on pénètre dans la première cour, on remarque, sur la gauche, un escalier qui mène à une plateforme. Une grande baie vitrée donne sur cette terrasse. Il s’agit de l’ancien atelier du peintre Balthus. Le tout repose sur une partie de la muraille Philippe Auguste.
Pour rejoindre la seconde cour, on passe sous l’immeuble de style rustique – bien restauré - qui a soit-disant appartenu aux archevêques de Rouen. Il existe un curieux rectangle sur le sol de ce passage. Nous savons qu’au 4 de la Cour du Commerce Saint-André se trouvent, à l’intérieur de la boutique, les vestiges d’une tour de la muraille de Philippe Auguste. La cour de Rohan était ainsi à cheval sur le Paris intra et extra muros. Et c’est précisément sous ce passage que l’on avait fixé la frontière. Il y subsiste les vestiges d’une bascule qui permettait de faire payer l’octroi aux marchandises qui entraient dans la ville.
Dans la seconde cour se trouve le dernier pas de mule de Paris, montoir en fer forgé qui servait aux dames, aux abbés et aux vieillards pour se hisser sur leur monture. En examinant les bâtiments alentours on remarque les hautes fenêtres des habitations bourgeoises. Celles-ci possèdent des plafonds peints entre les poutres.
La dernière, d'ambiance Louis XIII, de brique et de pierre, est agrémentée, dans un renfoncement, d'un puits équipé de sa margelle à gargouille et d'une poulie.
La sortie débouche dans l'étroite rue du Jardinet datant du XIIème siècle, espace de calme et de verdure dans un quartier voué au tourisme. Jusqu'en 1791, la rue du Jardinet, alors en impasse, butait sur le mur épais qui abritait l’atelier de Balthus.
 
Revenir vers la Cour du Commerce Saint-André et tourner à droite. Rejoindre la rue Saint-André des Arts. Nous allons remonter cette rue jusqu’à la Place Saint-André des Arts.
 
La rue Saint-André des Arts
Au 64 – Emplacement de la Porte de Buci. Cette porte de Paris, de l’enceinte Philippe Auguste, puis de celle de Charles V, était située à l’endroit où la rue Saint-André des Arts coupait le rempart, soit entre le débouché actuel de la Cour du Commerce Saint-André et celui de la rue Mazet. Elle était protégée par deux grosses tours crénelées, surmontées de défenses, doublée par une herse et un pont-levis. Ce fut d’abord la porte Saint-Germain que Philippe Auguste donna à l’abbaye de Saint-Germain des Prés qui la céda en 1350 au président Simon de Buci, conseiller d’état du roi Jean le Bon, connu pour son esprit charitable et sa piété, dont elle prit le nom en 1352, à la demande des habitants du quartier. Elle est, en 1418, le théâtre d’un événement tragique et lourd de conséquences pour la vie parisienne, dans le contexte troublé de la guerre civile entré Armagnacs et Bourguignons, au temps de la folie de Charles VI. Dans la nuit du 28 au 29 mai, en effet, Perrinet Leclerc, fils d’un marchand du Petit-Pont, quartenier de garde, va subtiliser les clés dans la chambre de son père. Il livre ainsi la ville aux partisans de Jean Sans Peur, qui égorgent trois jours durant plus de mille personnes. Le fidèle prévôt de Paris, Tanguy du Châtel, n’a que le temps de sauver le dauphin, enroulé dans une couverture. Le futur Charles VII, affublé du sobriquet de « Roi de Bourges » restera dix-neuf ans, éloigné de sa capitale. Murée sous Charles VII et remplacée par une porte ouverte en 1430, à l’extrémité de la rue de Cordeliers et appelée la Porte Saint-Germain. La Porte de Buci fut rouverte et reconstruite en 1550. Cette porte fut démolie en 1672. On remarque ici, dans la rue Saint-André des Arts, parallèlement à l’ancienne muraille, et à la Cour du Commerce Saint-André, un décrochement entre deux immeubles qui marque l’ancien emplacement de la muraille dont la rue Mazet (derrière nous) en est le prolongement.
 
Au coin de la rue Mazet, Statue de Saint-André-des-Arcs dans une niche.

53 – Cour.
58 – Emplacement d’un hôtel ayant appartenu en 1350, au président Simon de Buci, dont le nom fut donné à la porte de l’enceinte Philippe Auguste proche. De 1523 à 1550, l’hôtel appartint aux archevêques de Lyon. Cet hôtel, reconstruit en 1550 avait une autre entrée rue Mazet (rue de la Contrescarpe-Dauphine) où fut plus tard la poste aux chevaux. Il fut habité par Jean Grolier de Servier, financier et diplomate sous François 1er, célèbre par sa bibliothèque, aussi riche qu’élégante, qui mourut ici en 1565. Porte Louis XIV.
51 – Cour
60 – Portail.
 
L'Hôtel de la Vieuville 49 - L'Hôtel de Châteauvieux, qui résulte de la division en 1640 de l’ancien Hôtel de Navarre qui avait appartenu au XIIIème siècle à Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. Ce fut onc d’abord l’hôtel du comte de Châteauvieux, beau-père du duc de la Vieuville (voir 47), puis cela devint un hôtel garni, où en 1691, on y dînait copieusement pour une somme modique. Il fut reconstruit en 1728. Sa façade sur rue, ses vantaux et le heurtoir sont classés. Sous ses caves se trouvent d’anciennes caves du « Séjour de Navarre qui avait remplacé l’Hôtel de Navarre.
 
47 – L’Hôtel de la Vieuville, qui résulte de la division en 1640 de l’ancien Hôtel de Navarre qui avait appartenu au XIIIème siècle à Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. La Vieuville était surintendant des finances sous Louis XIII. Refait en 1728, il abrita de 1781 à 1787 le « Salon de la correspondance générale pour les Sciences et les Arts », salon ouvert aux savants, artistes et amateurs d’arts de tous les pays. La cour, les escaliers, sa porte monumentale, ses vantaux et son balcon sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques.
 
52 - L’Hôtel du Tillet de la Bussière de 1740, pour du Tillet, baron de la Bussière, d’une famille de l’Angoumois, déjà célèbre sous Charles IX, à laquelle appartint en 1794, Guillaume-Louis,L'Hôtel du Tillet de la Bussière évêque d’Orange, député du clergé aux états généraux qui, arrêté sous la Terreur, fut libéré après le 9 thermidor. Après Tillet de la Bussière, l’hôtel fut habité par différents propriétaires. Cet hôtel présente des baies en plein cintre englobant le rez-de-chaussée et l’entresol, des balcons reposant sur des consoles s’appuyant sur des têtes de béliers, des ferronneries, une cour circulaire, des mascarons, une jolie tête de Bacchus au-dessus de la porte de l’escalier menant à la cave et un bel escalier. Les façades sur rue et sur cour, la rampe de l’escalier en fer forgé et le mascaron surmontant l’entrée de la cave sont classés. Deux mansardes à poulies donnent sur la cour. Les lettres St du nom de la rue Saint-André des Arts, placées sur cet hôtel, à l’angle de la rue des Grands Augustins, ont été grattées lors de la Révolution.
 
45 – Le Lycée Fénelon, premier des lycées de jeunes filles de la Ville de Paris, ouvert le 22 septembre 1883 et agrandi en 1893. La décoration XVIII du cabinet de la direction est classée.
46 - Fontaine dans la cour, face à l’entrée.
41 – Emplacement d’une maison habitée par Racine de 1680 à 1684. Façade sur rue du XVIIIème.
35-37 – Maison du XVIIème siècle.
36 - Hôtel meublé de Brie en 1860.
33 - Façade sur rue, façade sur cour, escalier du XVIII° dans le style Louis XV.
31 - Façade XVIII. Porte. Dans cette maison était installée, depuis 1745, l’étude du notaire Boulard. Son fils Henry Boulard, qui lui avait succédé en 1782, y abrita La Harpe pendant la Révolution. Lorsqu’il mourut en 1825, à 80 ans, il laissa, dans sa maison du 27, rue Bonaparte, où son fils avait transféré l’étude, une bibliothèque de près de 550.000 volumes, la plus importante de Paris après celle du roi.
 
30 - L'Hôtel de Montholon où Billaud-Varenne habitat en 1793. Hôtel meublé de la Nouvelle-France en 1910. Baudelaire y habitat de 1827 à 1831. Façade.
 
27 – L'Hôtel Duchesne construit en 1640, pour l’historien André Duchesne, mort cette même année, à l’âge de 56 ans, écrasé par une charrette en se rendant à sa maison de campagne, à Verrières. Cet hôtel a été modifié au début du XVIIIème. De cette époque datent le balcon, ventru et à monogramme, que supporte une console de pierre constituée par deux volutes asymétriques encadrant un cartouche, et le mascaron qui est au-dessus de la fenêtre. Celui-ci représente une tête de femme entre deux rinceaux avec des boucles d’oreilles piriformes. Porte et balcon classés. Motif sculpté en fond de cour.
 
25 - Du XVII° - Dans la cave, ancien cabaret que fréquentaient Baudelaire et sa maîtresse.
23 - Du XVII° – Restes de l’Hôtel de la Verrière qui fut ensuite la propriété du fils de l’historien et philologue Charles du Fresne du Cange.
21 - Vieille maison.
 
Après avoir parcouru la rue Saint-André des Arts, revenons sur nos pas jusqu’à l’embranchement avec la rue Séguier, que l’on prendra à droite. Au passage remarquons quelques bâtiments dans la :
 
La rue Gît-le-Coeur Rue Gît-le-cœur
Cette rue, qui mesure 112 mètres date du XIIIème siècle. Son nom vient de Gilles-Queux (queux qui vient du latin coquus signifie cuisinier et est toujours employé dans le mot maître-queux)
1-5 – Ici se trouvait un hôtel ayant appartenu en 1300, aux évêques de Chartres, en 1394, au connétable de Sancerre, en 1397, aux évêques de Besançon. François 1er l’acheta, le fit démolir et reconstruisit l’Hôtel d’Etampes. Portes du 1 et du 3, cour et escalier du fond du 5.
4 – Ex-hôtel. Porte, ferronneries.
7-9 – Anciens hôtels de Luynes et d’O.
10-12 – Anciens hôtels bâtis sur les dépendances de l’Hôtel d’Arras.
 
Tournons à droite dans la rue Séguier.
 
Rue Séguier
Cette rue, ouverte vers 1180, sur le clos de Laas, s’appelait en 1300, Pavée, au XVI°, Pavée d’Andouilles, peut-être par corruption du nom du prévôt Nantouillet, puis Pavée-Saint-André-des-Arts ou Pavée-Saint-André. Elle a reçu en 1864, le nom de la famille des magistrats parisiens Séguier (1588-1672).
 
18 et 40, rue Saint-André des Arts – L’Hôtel d’Aguesseau.L'Hôtel d'Aguesseau
L’Hôtel d’Aguesseau actuel remplace celui qui a été ravagé, le 17 juin 1714, par un terrible incendie qui donna lieu à de grands procès par suite de la destruction de nombreux dossiers. Il avait remplacé un hôtel d’Eu (1300), d’Artois (1352), de Nevers (1472), de l’Etaile (1536) et appartenait à Henri d’Aguesseau (1635-1716), alors conseiller d’état, et était habité par son fils, Henri-François d’Aguesseau (1668-1751), procureur général du Parlement de Paris, un des hommes les plus distingués et les plus honorables du XVIII° siècle. Les portes et la cour de cet hôtel ont gardé leur caractère. La porte monumentale sur rue avec ses vantaux, la façade au fond de la cour sont classées. Albert Camus y habita dans la dernière partie de sa vie.
 
17 – Maison natale et mortuaire du théologien Sainte-Beuve (1613-1677). Portail du XVIII°.
 
L'Hôtel Séguier 16 – L’Hôtel Séguier.
Cet hôtel, d’abord dit de Moussy, fut cédé à titre d’échange par le marquis de Rothelin, en 1695, à la veuve d’Henri d’Argouges, marquis de Rannes, gouverneur d’Alençon, qui le légua à la comtesse de La Palue-Bouligneux, dont hérita son cousin, marquis de la Housse, ambassadeur de France au Danemark. Il appartint en 1728 à Grossoles, marquis de Flammarens, grand chancelier de France, puis, en 1750 à Madame de Marigny, veuve du grand maître des eaux et forêts et, enfin, de 1803 à 1848, au président Jean-Mathieu de Séguier, magistrat habile et intègre qui y mourut en 1848, à l’âge de 80 ans. Hôtel remanié, cour, escalier. Remarquer, entre le 14 et le 16, une belle mansarde à poulie qui possède encore sa poulie. Par ailleurs, la porte monumentale est flanquée latéralement de deux rateliers qui recevaient le foin destiné aux chevaux en attente. Ce bâtiment a été inscrit au titre des monuments historiques en 2010.
 
15 – Portail, cour.
12 – Porte cloutée, ferronnerie.
10 – Ferronneries à monogramme. Façade inscrite à l’inventaire des monuments historiques.
9, 11, 13 – Ces trois maisons dont le propriétaire est le même que celui du 3 furent vendue en 1700 à un maître-cordonnier qui y installa une maison de la communauté des frères cordonniers de Saint-Crépin, fondée en 1645.
8 – Ancienne demeure du poète écrivain et peintre belge Henri Michaux (1899-1984).
6 – Vestiges de l’Hôtel Savoie-Nemours où habitat Jean Giraudoux (1882-1944). Cet hôtel du début du XIV°, avait appartenu au connétable Gaucher, à son fils, le comte Jean de Châtillon, à l’évêque d’Autun, Jean d’Arcy en 1337, puis aux évêques de Laon en 1352, en la personne de Hugues d’Arcy, neveu du précédent. L’Hôtel fut rebâti en 1406, et, fut vendu à partir de 1562, au duc de Savoie-Nemours. C’était un hôtel considérable formé de quatre grands corps de bâtiments entourant une cour carrée Cet hôtel fut loti en 1670 et la rue de Savoie ouverte peu après sur son emplacement. Il subsiste des vestiges au 6, rue Séguier et au 5-7, rue de Savoie.
3 – Emplacement d’un hôtel ayant appartenu jusqu’en 1476 aux évêques de Lodève, puis au XVI° à ceux de Rodez. Démoli puis reconstruit en 1590, il devint une hôtellerie appelée en 1617, Saint-François. L’hôtel fut acheté au milieu du XVII° par le président de la chambre des enquêtes Jérôme le Maistre de Bellejamme (1620-1669). Celui-ci devint également propriétaire des 9, 11 et 13. Hôtel reconstruit au XVIII°. Cour et escalier. Ici vécut l’architecte Ernest Bosc (1837-1908).
 L'Hôtel Feydeau de Montholon
2 et 35, Quai des Grands Augustins – L’Hôtel Feydeau de Montholon. Résidence parisienne de François-de-Paule Feydeau (1676-1710), seigneur du Plessis-Saint-Antoine et de Trancault, baron de Bourdenay conseiller au Parlement de Paris, et de son épouse Catherine-Gabrielle de Montholon. Le mathématicien Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) y habita par la suite. Cet hôtel particulier abrita aussi la librairie Didot, dont l'enseigne était La Bible d'Or. Le monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 31 janvier 1969 pour la façade et la toiture sur la rue Séguier, et il fait également l'objet d'une inscription depuis cette même date pour ses façades et toitures sur cour.
 
Au bout de la rue Séguier, on atteint :
 
Le Quai des Grands Augustins Le Quai des Grands Augustins
Ce quai fut construit, en 1313, par Etienne Barbette, prévôt des marchands de Paris, pour permettre à Philippe le Bel d’avoir un chemin aisé pour se rendre de son palais de la Cité à son hôtel de Nesles. C’est le premier quai construit à Paris. Son nom lui a été attribué en 1670 et vient du nom du couvent qu’il longeait. Le dénivelé que l’on remarque entre les numéros 7 et 17 correspond aux maisons côté sud de l’ancienne rue du Hurepoix qui a été absorbée lors de la formation du quai. Cette rue datait du XIIIème siècle. Son nom venait d’une hôtellerie qui logeait les marchands venus du Hurepoix. Elle disparut en 1809.
 
A droite :
    Au 27 se trouvait l’Hôtel d’Auvergne ou de Sancerre. Jean, comte de Sancerre en était son propriétaire en 1355. Sa fille aînée en hérita et l’hôtel échut à son époux, comte de Clermont et dauphin d’Auvergne. Il passa en 1428 au comte de Montpensier. Le dernier hôtel à cet emplacement fut détruit en 1672.
    Au 25 se trouvait l’Hôtel d’Arras – Situé à l’angle de la rue Gît-le-Cœur et s’étendait jusqu’à la rue Séguier. Attesté en 1422, il était bien antérieur à cette date.
    21, Demeure en1786 de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie. En 1831, George Sand y demeura.
    17, Hôtel de Luynes, dans sa partie noble sur le quai.Jean Racine, dans son adolescence, vers 1656, y demeura.
    15, Cabaret de l’Ecluse. C’est ici que débuta Barbara et que se produisirent, entre autres, Jacques Brel, Raymond Devis, Léo Ferré, Marcel Marceau et Philippe Noiret.
 
Revenir sur vos pas jusqu’à la rue Séguier et pousuivre :
 
Au 35, l’Hôtel Feydeau de Montholon.
Au 51, le restaurant Lapérouse.Le restaurant Lapérouse
L'histoire de cet ancien hôtel particulier, racheté à un Maître des eaux et forêts de Louis XIV, est intimement liée aux transformations subies par le quartier aux 18ème et 19ème siècles. La Maison Lapérouse fut établie en 1766 par Lefèvre, Limonadier du Roi, qui transforma les lieux en un « Marchand de vin ». La destruction face à lui du Couvent des Grands Augustins et la construction sur l'emplacement de ce dernier du marché de la Vallée, spécialisé dans le commerce de volailles et de gibiers, fait prendre à son établissement un véritable essor qui devient rapidement célèbre pour la qualité des mets qu'on y sert. Lieu de grandes ripailles et de joyeuses beuveries, le restaurant est autant fréquenté par les mandataires du marché que par leurs employés et leurs clients. La criminalité étant très importante à cette époque, et toutes les transactions se faisant en liquide, Lefèvre a une idée de génie : proposer à sa clientèle les chambres de domestiques du premier étage afin qu'elle puisse y faire ses comptes dans la plus grande discrétion. Les célèbres petits salons de Lapérouse sont nés. Vers 1850, le succès est à son apogée. Des clients très aisés, qui tiennent le nouveau propriétaire, Jules Lapérouse, en grande estime, lui manifestent leur amitié en le conseillant dans la décoration des petits salons extrêmement prisés. Par la suite Auguste Escoffier, « cuisinier des rois et roi des cuisiniers », prend les rênes des cuisines. C'est alors que Lapérouse symbolise à lui seul la plus haute gastronomie française. En 1870, La disparition du marché de la Vallée, lors de la construction des Halles Baltard au centre de Paris, aurait pu marquer la fin du restaurant. C'est le contraire qui advient. Industriels du livre, négociants, éditeurs et auteurs découvrent l'existence de ce marchand de vins et de ses petits salons. Entre la Place Saint Michel et le Pont Neuf, Le Lapérouse propose plus de 600 m² d'espace de réception, où le confort et l'art de recevoir ont été pris comme fil conducteur dans la plus pure tradition de l'élégance parisienne.
 
53, Cariatides.
Au 55, un immense cadran solaire est l’unique vestige du couvent des Grands Augustins, démoli en 1897. Ce cadran vertical déclinant du matin se trouve au niveau des deuxième et troisième étages. Une fenêtre a été percée entre les lignes XI et XII. Repeint en 1988, il est porté par un mur qui soutient un immeuble de la rue Dauphine et est visible dans la seconde cour du 55 quai des Grands Augustins (digicode).
 
Au 57, la boutique Charvin.
La boutique Charvin est implantée au bout du Quai des Grands Augustins, au 57, au coin avec la rue Dauphine. Elle fabrique des couleurs pour les artistes peintres depuis 1830. C’est au départ une affaire familiale qui démarre sur la Côte d’Azur et qui développe ses formules de vernis et des couleurs à l’huile, réservées aux artistes. La maison a fourni Cézanne. Laurence et Bruno Carvin la rachète en 2000.
 
Après l’avoir parcouru, revenir jusqu’à l’embranchement avec la rue des Grands Augustins, que l’on prend à droite.
 
La rue des Grands-Augustins
Cette rue, indiquée en 1269, porte le nom de l’ancien couvent des Grands Augustins. Elle mesure 213 mètres. On la nommait, en 1269, rue de l'Abbé de Saint-Denis puis, rue du Collège Saint-Denis, rue des Ecoles Saint-Denis, rue des Ecoliers de Saint-Denis, rue des Charités Saint-Denis. La partie près de la rue Saint-André-des-Arts aurait porté anciennement les noms de rue de la Barre, rue des Barres et rue de l'Hôtel de Nemours.
 
3 – L’Hôtel de Saint-Maur construit pour le premier président du parlement de Normandie en 1628 et remanié au XVIIIème siècle puis en 1826. Nicolas Dupré de Saint-Maur (1640-1732), correcteur des comptes et son fils François (1695-1774), maître des comptes et académicien, l’habitèrent. Hôtel meublé vers 1780. Escalier Louis XIII. Lucarnes.
 
L'Hôtel d'Hercule 5-7 – L’Hôtel d’Hercule sur l’emplacement d’un hôtel construit pour les comtes de Sancerre au XIVème siècle, propriété des comtes d’Auvergne au début du XVème, d’un Montpensier en 1428, le président en la Chambre, de La Drièche, fit bâtir, vers 1470, un hôtel à qui fut donné le nom d’Hercule à cause des fresques et tapisseries relatives aux travaux de ce demi-dieu qui le décoraient. Vendu en 1493 à Charles VIII par son chambellan, Louis de Hallewin, seigneur de Piennes, puis propriété en 1499, de Guillaume de Poitiers, seigneur de Clérieux, en 1503 de Louis XII, il appartint en 1514 à Antoine Duprat, premier président au parlement de Paris et qui devait devenir en 1515, premier ministre. Veuf en 1516, il entra dans les ordres et fut, en particulier, archevêque de Sens. L’Hôtel passe après sa mort à l’âge de 72 ans en 1535, à son fils aîné, Antoine Duprat, chef de la branche des Nantouillet, qui fut prévôt de Paris de 1540 à 1553, puis à son petit-fils appelé également Antoine, aussi prévôt de Paris de 1553 à 1592. Il resta dans la famille des Nantouillet jusqu’en 1639. Plus tard, l’hôtel fut englobé dans le vaste hôtel de Savoie-Nemours. Lorsque la duchesse de Savoie divisa celui-ci en 1670, les numéros 5 et 7, habités par les Carignan, branche de la maison de Savoie, devint la propriété d’une demoiselle de Bretteville, qui les fit refaire. Elle eut pour héritière, sa cousine, mademoiselle de Conflans, qui légua le 5 au lieutenant-général Louis de Conflans, marquis d’Armentières, qui devint maréchal de France en 176. Ce fut alors l’Hôtel Conflans-Carignan, le 7 devenant l’Hôtel Brière de Bretteville.
 
Cour du 7 - Fenêtres à consoles, lucarne à fronton, corniche à modillons. Les façades sur cour de ces deux maisons sont inscrites à l’inventaire des monuments historiques.
Plaque :"Pablo Picasso vécut dans cet immeuble de 1936 à 1955. C'est dans cet atelier qu'il peignit Guernica en 1937. C'est également ici que Balzac situe l'action de sa nouvelle Le Chef-d'œuvre inconnu.
8 - Plaque : "Ici le jeune Louis XIII fut intronisé, une heure après la mort de son père Henry IV." Sur cette façade, à gauche, un remarquable repère de nivellement.
10 – Hôtel de Bussy du XVIIIème siècle.
12 – Maison habitée en 1802 par le mathématicien Laplace (1749-1827).
13-15 – Vieilles maisons. Salon de thé Mariages Frères.
Plaque : "L'artiste peintre japonais Kéou Nishimura habitait et peignait au 3ème étage de cet immeuble de 1961 à 1993."
14 – Vieille maison. Façade classée, porte et escalier remarquables.
19 – Hôtel du XVIII. Cour.
20 – Gounod a habité cette maison.
21 – Maison où naquit en 1801 le philosophe, philologue et homme politique Paul Littré, interne des hôpitaux, il abandonna la médecine, collabora au journal « National », entra en relation avec Auguste Comte, fit son dictionnaire de la langue française (1863-1877). Il est mort en 1881.
24 – Vieille maison.
25 - Plaque : "Jean de La Bruyère a vécu dans cette maison de 1676 à 1691 ; il y a écrit les Caractères."
L'historien français Augustin Thierry (Blois, le 10 mai 1795 - Paris, le 22 mai 1856) a vécu dans cet immeuble de 1820 à 1830.
Un des plus importants poètes et journalistes allemands du 19ème siècle, Heinrich Heine (Düsseldorf, le 13 décembre 1797 - Paris, le 17 février 1856), résida ici en 1841.
27 – Hôtel Tillet de la Bussière et 52 rue Saint-André des Arts. Vieille inscription du nom de rue.
 
Nous voilà revenus dans la rue Saint-André des Arts
A droite vers la station Odéon et à gauche vers la station Saint-Michel.
 
Liens
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Sources
Wikipedia
Parisrues
Dictionnaire historique des rues de Paris
Divers Internet
Photos R. Desenclos 2008/2017