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LES RUES

Les rues de Paris
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LA RUE DE TOURNON
 
La rue de Tournon
 
 
La rue de Tournon est une rue du sixième arrondissement. Elle commence rue Saint-Sulpice et rue de Seine et se termine sur de Vaugirard. Elle mesure 233 mètres.
 
 
Orientée pratiquement Nord-Sud, dans l'axe du Palais du Luxembourg, elle constitue l'une des rues les plus prestigieuses de Paris. Elle possède également une physionomie très particulière ; elle s'évase en effet vers le sud à proximité de la rue de Vaugirard. Traditionnellement, elle se compose de nombreuses librairies de livres anciens. Il en subsiste toujours aujourd'hui, mais elles sont désormais complétées par quelques enseignes haut de gamme (coiffure, mode).
 
1 - C'est à cet emplacement que Chalgrin avait fait le projet de déposer un mètre étalon gravé dans le marbre, parmi les quinze autres. C'est finalement au 36 rue de Vaugirard, à quelques pas, que celui-ci sera installé.
2 - Immeuble classé aux monuments historiques. Marie-Émilie Boucher, fille du peintre et épouse Gabriel Cuvilier, premier commis des bâtiments du roi y mourut en 1784. Balzac y demeura de 1827 à 1830, chez son ami Henri de Latouche. En 1860, y demeurait Laprade. Une plaque rappelle le souvenir de Antoine Augustin Cournot, mathématicien et philosophe qui vécut et décéda à cette adresse en 1877. Il aurait été au début l'hôtel de Jean de Palaiseau.
4 - Hôtel de Palaiseau sous Louis XIV. Claude de Harville, marquis de Palaiseau, et son épouse, Catherine Jouvenel, des Ursins laissent à leur fils Antoine de Harville, qui lègue à son fils François de Harville, et ses sœurs : Anne de Harville épouse François de Béthune, comte, puis duc d'Orval et Isabelle de Harville (1629-1712) épouse de François de Montmorency-Fosseux, marquis de Bois-Ruffin, Thury, Fosseux, Courtalain et Baron de Neuilly. Ancien hôtel de Montmorency, vers 1750, (2 et 4), classé aux monuments historiques, avec pour les parties communes : la porte monumentale sur rue avec ses vantaux, les façades sur cour et jardins, le vestibule (passage cocher), l'escalier d'honneur. Pour les parties privatives : les appartements du rez-de-chaussée sur le jardin, du premier étage sur le jardin, du deuxième étage sur rue et l'appartement du deuxième étage sur le jardin, ainsi que certaines pièces de l'appartement du premier étage sur cour et sur rue (les deux antichambres, l'entrée et la rotonde, la pièce entresol et le salon donnant sur la rotonde, ainsi que la chambre principale faisant suite à ce salon). Le député Audouin y loge en 1793. Lamartine et Ledru-Rollin habitent dans cette maison en 1848. En 1830, loge à cette adresse le comte de la Roche-Aimon. À la fin du XIXe siècle y vivait Albert d'Herbelot, avocat général à la cour d'appel de Paris. Y logèrent aussi l'ambassadeur Charles-Joseph Tissot (1828-1884), et J. Bertrand, célèbre mathématicien, sociétaire de l'Académie des sciences, qui y meurt en 1900.
5 - Domicile d'Marie-Anne Lenormand qui vivait avec Jacques-René Hébert, dit Le Père Duchesne. Elle prédit l'avenir à de nombreuses personnalités de l'Empire, après avoir fait des prédictions à L'impératrice Joséphine. Elle mourut dans cette maison en 1843. Cagliostro y aurait également séjourné, ainsi que Madame Moreau, grande maîtresse de la maçonnerie des femmes et prophétesse sous le Second Empire. C'est en plein hiver de 1910 que vient s'installer la famille de Jacques Prévert à cette adresse, il n'y demeure qu'une année. Leurs voisins de palier sont la famille Tiran, dont la mère était pétroleuse, dans sa jeunesse. Les frères Tiran étaient, l'un apache, un autre fut le premier à faire découvrir le Raton Laveur à Prévert. Au rez-de-chaussée, dans la cour, habite une famille de neuf enfants dont les parents sont morts et dont la fille aînée s'occupe. Simone, la cadette de trois ans de Prévert, l'épousera le 30 avril 1925.
6 - Hôtel de Montpensier, construit en 1540 par Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon, époux de Catherine de Lorraine, sœur du duc de Guise et du cardinal de Guise. Elle y reçut la nouvelle de la mort de ses frères (la propriété allait du 2 au 6). Elle y logea la mère de Jacques Clément et y meurt en 1596. Ancien hôtel de Brancas, dit aussi hôtel de Terrat, construit sur les dessins et plans de Pierre Bullet, (1639-1716, pour Jean-Baptiste Terrat, marquis de Chantosme, chancelier du duc d'Orléans, qui achète les lieux à Nicolas Renouard de Chanteclair. Les façades et toitures sur rue, cour et jardins, portail d'entrée, escalier, salon et boudoir sont inscrits et classés aux monuments historiques. L'hôtel avant de revenir aux Brancas fut à ferme à l'Académie Royale, d'équitation de 1733 à 1742 de François Robichon de La Guérinière (1688-1751) écuyer de renom, enseignait ici l'art de l'équitation aux jeunes gens de la noblesse avec son associé François Nicolas Desprez. Il avait fermé son manège du 13 rue de Vaugirard à la suite de problèmes financiers. Il fit aussi partie de l'hôtel de Montmorency-Laval, selon le Dictionnaire des rues de Latynna en 1816.
Bugnet, intendant de Monsieur de Creil, conseiller d'État et de la duchesse de Beauvilliers, avait acquis en 1752 ledit hôtel tenant à celui de Montmorency et à la Maison de Saint-Aignan. L'un des vendeurs de Bugnet fut Lanfernat, comte de Villars, Chauvel, grand-bailli d'Orléans et d'autres. C'est ensuite, en 1775, le duc de Brancas, lieutenant général pour le pays de Provence, le marquis de Laplace en 1806, Pierre-Simon de Laplace, mathématicien, astronome, physicien et géomètre y habita en 1808. La famille Montmorency-Laval, en 1816, les libraires Bossange et Masson, et le bibliophile Renouard. Au rez-de-chaussée sur rue se trouvaient la Librairie Renouard et les Éditions Henri Laurens. Les libraires Bossange et Masson étaient déjà propriétaires de cet immeuble en 1815 avant l'arrivée de Monsieur Renouard qui quitta la rue Saint-André-des-Arts pour celle-ci. Le Docteur Ricord, demeura aussi à cette adresse et y mourut en 1889. Le libraire Henri Loones tient boutique ici en 1880. Alexandre Ribot, ancien président du Conseil et membre de l'Académie française, y demeura. En 1900, se trouvait dans ces lieux le Concert Rouge.
De 1947 à 1950, une partie de l'hôtel est louée à l'École des hautes études en sciences sociales fut logé à cette adresse avec une partie des archives, et notamment le Fonds Clément Heller, et au 17. Cette dernière y siège jusqu'en 1975 et sera contraint en 1977 de quitter les lieux. Ensuite, l'IFA (Institut Français d'Architecture) y réside de 1979 et le quitte en 2003 en raison de la hausse des loyers pour rejoindre le musée de la Porte Dorée (actuel Musée de l’Immigration) et fusionner en 2006 dans la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Actuellement le rez-de-chaussée est occupé par une boutique Bonpoint, marque de vêtements pour enfants.
7 – Hôtel du Sénat, à cette adresse était le domicile et l'atelier de Blaire qui y réalisa sa Topographie de Paris, dédiée à la duchesse de Bassano en 1813. Charles Baudelaire demeura ici de décembre 1846 à novembre 1848. Ici habita Léon Gambetta de 1858 à 1861, et Alphonse Daudet en 1857.
8 - Immeuble classé aux monuments historiques. Le résistant Raoul Marcel, groupe FFI, tué à la Libération de Paris, habitait dans cet immeuble. C'est à cet emplacement, entre l'Académie équestre et l'hôtel des Ambassadeurs, que Monseigneur Guy Chartraire de Saint-Aignan, conseiller au Parlement de Bourgogne à Dijon, (Marquis de Ragny en 1735) avait fait construire son hôtel de Saint-Aignan en 1716, à la place de l'hôtel de Ventadour que lui avait donné, en 1713, sa sœur, épouse de David, lieutenant particulier au bailliage de Semur. Elle avait elle-même acquis ce lot de Nicolas de Jassaud, président à la Chambre des comptes. Ce dernier le tenait du prince de Rohan-Soubise et de son épouse, une Ventadour. C'est le duc de Ventadour qui en fit l'acquisition en 1607 auprès de Pierre de Beringhen, premier valet de chambre du roi, qui lui l'avait acquis vers 1600. La propriété était louée à Langlois, fermier général, lorsque M. de Saint-Aignan légua ses biens à Chartraire, marquis de Ragny, qui fut suivi par Garnier, bourgeois, puis Mlle d'Orsan, fille majeure, puis Jean Marie du Lau d'Allemans, curé de Saint-Sulpice, archevêque d'Arles et député de la Constituante en 1789, né en 1738 et assassiné le 2 septembre 1792. Théroigne de Méricourt, locataire dans cette maison, avait formé une sorte de club, où elle recevait entre autres personnes : Danton, Camille Desmoulins et Fabre d'Églantine. Sous l'Empire, le sénateur Dyzès, comte d'Arène, en fit sa résidence. Brillat-Savarin, célèbre gastronome, habitait, sous Louis-Philippe, l'appartement de Théroigne. Jules Janin, en 1830, s'en servait de garçonnière. Il y resta quarante ans avant d'aller s'installer au 20 rue de Vaugirard. Octave Feuillet et le comte Eugène de Vogüé logent ici en 1880. Domicile de Gabriel Pierné, compositeur de musique. En 1909, la revue Le Magasin pittoresque, fondée en 1835, s'y installe ; en 1910, domicile de Maurice Renard, à deux pas de celui de son ami Adolphe van Bever, de Paul Léautaud et du Mercure de France.
9 - C'est face à l'hôtel du Nivernais, que s'élevait le Petit hôtel de Valois, où en ces lieux mort, le 30 août 1767, Jean-Baptiste Clairaut, mathématicien, académicien. il y habitait depuis le 20 juillet 1765. On pouvait souscrire ici au Journal Anglais, ainsi qu'au Journal des Dames, de Monsieur Dorat (1778).
10 - Provient du démembrement de l'hôtel Garancière. Connu sous le nom d'hôtel du Nivernais, puis d'hôtel des Ambassadeurs, cet hôtel date de 1543. Il a été construit par Louis de l'Estoile, président des enquêtes au Parlement de Paris, et époux de Marguerite de Motholon, en 1543. Le mémorialiste Pierre de l'Estoile y naquit sûrement en 1546. L'hôtel fut construit sur cette parcelle achetée en 1538 au cardinal de Tournon. Madame de Pecquigny l'occupe en 1580. Charles du Plessis, seigneur de Liancourt, gouverneur de Paris, y habite en 1595 ; il le cède à Concino Concini. En 1612, on l'appelle hôtel Concini. Hôtel particulier ayant appartenu au maréchal d'Ancre, puis confisqué, pillé en 1617 par les partisans du prince de Condé après l'assassinat du maréchal par le capitaine des gardes, Vitry. Concédé à Charles d'Albert, duc de Luynes, ainsi qu'Anet et Lésigny et dans lequel Louis XIII a vécu quelque temps à son retour de Savoie, se rapprochant de sa mère qui habitait le palais du Luxembourg. Saint-François de Sales y logea en 1618. Le duc le revendit au roi en 1621. Ces bâtiments furent affectés aux logements des ambassadeurs en 1630, prenant le nom d'hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, confié au duc de Bellegarde, qu'Henri IV et Louis XIII comblèrent de faveurs, le premier pour se faire pardonner de lui avoir ravi la belle Gabrielle d'Estrées. Chaque réception d'ambassadeur donnait lieu à des fêtes somptueuses. Parmi celles qui laissèrent un souvenir grandiose sous le règne de Louis XIV, l'entrée de Charles Talbot 1er Duc de Shrewsbury, ambassadeur extraordinaire et grand chambellan de la reine de Grande-Bretagne ; celle de Jean de la Vieuville, bailli, grand-croix, ambassadeur extraordinaire de l'ordre de Malte auprès du roi de France de 1712 à 1715 ; des ambassadeurs du tzar de Moscovie et de ceux du roi du Siam. Mehmet Effendi, ambassadeur de la Porte, y demeura sous le régent. Le duc du Nivernais, Louis-Jules Mancini-Mazarini, échange l'hôtel de Pontchartrain contre celui-ci, que l'architecte Marie-Joseph Peyre restaura en 1753. Le duc de Dampville en eut quelque temps la jouissance et l'hôtel deviendra garde-meubles en 1758. Par exception, Louis-Jules de Nivernais mourut dans son hôtel le 23 février 1798. En 1790, il devient propriété nationale. Le conseiller d'État chargé du contentieux des domaines nationaux remplissait sous l'Empire cette superbe demeure en 1803, qui devint en 1814 l'habitation de la duchesse douairière d'Orléans, femme de Philippe Égalité. Elle y mourut en 1816. Vendu le 10 août 1819, par le Domaine de l'État à la ville de Paris pour 250 100 francs, il est converti en caserne. La caserne de Tournon est occupée, en 1821, par la 5e compagnie de la gendarmerie royale de la ville de Paris et en 1830 par la Garde municipale de Paris. Cavaliers et fantassins s'y succèdent, puis il devient une prison en 1848 et de nouveau une caserne affectée à la caserne de la Garde Républicaine de Paris. C'est Hubert Rohault de Fleury qui fut sollicité pour les aménagements provisoires des écuries de la caserne. Classé monument historique, inscription le 27 mars 1926. C'est devant la porte de cet hôtel qu'en 1803, un chien barbet répondant au nom de Crotteur et son jeune maître qui faisait le métier de décrotteur de souliers, exerçaient leurs talents. Michel Bakounine, y demeure en 1848.
12 - Grand hôtel d'Entragues. Il a sûrement fait partie de la vente des biens après le décès d'Alexandre d'Illiers de Balsac d'Entragues en 1742 et la succession recueillie par son neveu Alexandre II. C'est cette partie que conservera l'expert entrepreneur Michel Neveu, lorsqu'il fait l'acquisition des terrains et des deux hôtels d'Entragues à la veuve Bergognion, qui continuera à habiter dans les lieux pendant les travaux d'aménagements et le découpage des lots. Il achète cette partie centrale où il fait élever un immeuble, qu'il n'habitera que quatorze ans sans pouvoir le léguer à ses enfants, pour la somme de 59 428 livres. Sa superficie est de 571 toises, 10 pieds, trois pouces. Ce lot fut découpé, ce qui réduira la superficie de l'ancien hôtel d'Entragues. Neveu fera un bail de quinze mois à la veuve Bergognion à dater du 1er juillet 1774, pour une somme de 3 000 livres par an. Il est le seul acquéreur du lot avec la possibilité d'en céder une partie à Monsieur Simon et au duc de Nivernais. Sa façade n'était pas alignée sur la rue, mais un peu en retrait et donnait sur des jardins à l'ouest donnant par un passage aujourd'hui condamné au no 13 de la rue Garancière inclus dans ce lot. Les jardins étaient longés au nord par ceux de l'hôtel des Ambassadeurs. Il le revendra deux ans avant la Révolution en 1787, aux Lesage, pour 340 000 livres. C'est dans cette demeure que meurt, le 28 janvier 1813, la comtesse Claude Constant César d'Houdetot, née le 18 décembre 1730 Sophie Lalive de Bellegarde, qui en avait fait l'acquisition en 1765, amie platonique de Jean-Jacques Rousseau. L'immeuble est inscrit sur la liste des monuments historiques à l'exception des parties privatives, moins un. Il dispose d'un jardin dont la jouissance est réservée à l'appartement surélevé du fond de la cour, accessible par un perron. Le porche central est à deux vantaux, portant la tête de deux lions et ouvre sur un hall de 4,30 m de large sur 12,5 m de long. Décoré de quatre colonnes. À sa droite : un escalier monumental avec rampes en fer forgé, interrompu par une porte palière à l'entresol. Les marches sont en pierre calcaire jusqu'au deuxième étage et ensuite en tomette ancienne. Cet immeuble est en pierre de taille. Construit avec un rez-de-chaussée sur cave et une élévation de quatre étages plus un cinquième avec chiens assis achevé en 1777. Parmi les premiers locataires : Charlotte Madeleine Bernard d'Epaux, veuve de Jean Nicolas d'Epaux, bourgeois de Paris le 18 mars 1778. Le 9 mai 1778, Neveu signe un bail à Marie Desprez, veuve de François Gallet, bourgeois de Paris. Un autre bail est signé le 17 mai 1778 avec Marie-Adélaïde Delatourée, veuve de Pierre Carré de Saint-Pierre, avocat au Parlement, demeurant rue des Fossés Monsieur le Prince et le 24 août 1778, avec l'abbé Hyacinthe Bouniol de Montagut, substitut de la Cour de France, aumônier ordinaire de Madame Elisabeth, demeurant à Versailles, rue de l'Orangerie. Un cinquième bail est conclu le 20 octobre 1778, avec Guillaume Faipoult de Maisoncelles, écuyer, ancien officier au corps royal de Génie et son épouse Marie-Claude Bergerat demeurant rue Sainte-Hyacinthe, paroisse Saint-Cosme. Marie-Madeleine Clémence de la Chambre, signe le 14 octobre 1778, elle réside quai Dauphin, paroisse Notre-Dame. Louis de Carouge des Bornes, avocat au Parlement et Charlotte Jouannin, son épouse signe bail le 22 décembre 1778. Ducis y habitait en 1795 et Amédée Thierry en 1869 et y mourut en 1873. Cauchy, Cherbuliez, y habitèrent également.
13 - Jean-Nicolas Pache (1746-1823) y demeura, avant d'être ministre de la Guerre sous la Convention.
14 - Petit hôtel d'Entragues. Le numéro actuel représente le premier lot que fit Michel Neveu lorsqu'il fit l'acquisition des terrains et des deux hôtels d'Entragues. Il représente une surface de 164 toises et 15 pouces, acquis par l'architecte juré Auguste Simon pour la somme de 36 000 livres. Immeuble classé aux monuments historiques. Balzac d'Isliers, marquis d'Entragues, les transmis (12-14), à son fils et petit-fils qui épousa Anne de Rieux. Un certain Rousseau qui en avait fait l'acquisition en 1699 dut, acculé par les créanciers, s'en séparer au profit de Bergoignon, traiteur.
16 - Camille Rousset mourut en ces lieux en 1893. Romain Rolland et ses parents s'installent dans un logement à cette adresse en 1880 et partiront en 1885 pour emménager au 13 rue Michelet. Le journaliste Jacques Mallet du Pan était logé ici. Il rédigeait la partie politique du Mercure de France.
17 - Domicile du graveur Giovanni David. Au deuxième étage de cet immeuble reposa sur son lit mortuaire dans le costume du Cid, l'acteur Gérard Philipe, mort le 25 novembre 1959. C'est ici que se trouve le CDE (Centre de diffusion de l'édition), diffusant les éditions de l'EHESS.
18 - Hôtel de la Poste, qui hébergea Roth et d'autres réfugiés. En dessous se trouve le Café Le Tournon, où il vécut de 1937, date de la destruction de l'hôtel de Foyot, au 33 de la même rue. Il y invitait à sa table : Stefan Zweig, Frederike Zweig, Arthur Koestler, Gustav Regler, etc. Une plaque est apposée sur la maison pour en garder le souvenir. Cette propriété était unique à Paris à cette époque car elle possédait sur son toit au huitième étage, une terrasse avec allées et jardins ;
19 - Ancien 42 à l'époque de l'amiral John Paul Jones, héros de la guerre d'Indépendance américaine, a habité dans cette maison où il est mort le 7 juillet 1792. L'Assemblée Constituante lui fit des obsèques solennelles.
20 - Immeuble reconstruit en 1900 par l'architecte Georges Debrie, sur l'emplacement d'un ancien hôtel de Montespan.
21 - Une plaque rappelle qu'ici le dramaturge et philosophe Gabriel Marcel a vécu de 1933 à la fin de sa vie en 1973. Le couturier Yves Saint Laurent ouvre en septembre 1966 sa première boutique de prêt-à-porter sous l'enseigne Saint Laurent rive gauche. Pierre Bergé y offrit aux étudiants chinois exfiltrés après les manifestations de la place Tian'anmen un espace appelé la Maison chinoise de la démocratie.
27 - Propriété qui, au XVIe siècle, avait une issue dans la rue de Condé. C'est à cet emplacement que se trouvait jadis la statue du Cheval d'Airain, que François Ier avait commandée à Désiré Spine.
29 - Immeuble classé aux monuments historiques. L'éditeur Jules Gervais a boutique en ces lieux en 1793. Jules Vallès y habita dans les temps qui précèdent la Commune. Le compositeur Alfred Bruneau vécut à l'entresol donnant sur la rue de Condé. Simone Souloumiac, résistante française de la Seconde Guerre mondiale, y habita à partir de 1942 et dissimulera des munitions parachutées depuis Londres dans son appartement. Façade ornée de mascarons.
30 - Cette maison fut attribuée par lettres patentes de François Ier, datées et signées de Tournan-en-Brie, en 1539 à Clément Marot. Elle possédait grange et jardin, située ruelle Saint-Sulpice (rue de Tournon) et rue du Clos-Bruneau (rue de Condé). Le roi avait fait installer dans cette propriété un cheval de bronze, circonstance qui a fait donner à cette maison le nom de Maison du Cheval d'Airain. Le propriétaire y invita à dîner Diane de Poitiers.
31 - Immeuble classé aux monuments historiques.
33 - Ancien meublé de Tréville, hôtel Foyot, qui s'élevait ici jusqu'en 1937. Lorsque l'empereur Joseph II d'Autriche, frère de Marie-Antoinette, vint à Paris incognito du 18 avril au 30 mai 1777, sous le nom de comte de Falkenstein, pour tenter de remédier aux difficultés conjugales de sa sœur et de son beau-frère, il rend visite à Rousseau, à Buffon et visite Paris, il logea chez le Comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur, au Petit-Luxembourg et sa suite était logé à l'hôtel de Tréville où il dînait parfois. En 1894, une bombe fut déposée par un anarchiste et blessa Laurent Tailhade. Cet établissement a eu aussi comme client Joseph Roth, de 1927 à sa destruction. Il ira ensuite à l’hôtel Paris-Dinard, puis à l’hôtel de La Poste, au no 18 de la même rue. Comme ses compatriotes, il fera un séjour à l’hôtel Helvétia au 23 de cette rue.
35 - En 1838 logent à cette adresse : la comtesse de Saint-Priest, officier de la Légion d'honneur. Monsieur Baron, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Chambre des Pairs.
François de Tournon, né à Tournon-sur-Rhône en 1489 et mort à Saint-Germain-en-Laye le 22 avril 1562, est un prélat, un diplomate et un homme d'État français. Il fut archevêque d'Auch de 1538 à 1551, puis archevêque de Lyon de 1551 à sa mort. François de Tournon est le cinquième enfant de Jacques II de Tournon, chambellan du roi Charles VIII de France, et de Jeanne de Polignac. Il est destiné à embrasser l'état ecclésiastique. Deux de ses frères furent évêques : Gaspard, évêque de Valence, Charles, évêque de Rodez. Ses deux frères aînés, Just et Christophe, sont enfants d'honneur de Charles VIII, en 1490. Ses autres frères, Antoine et Jean, sont tués devant Naples en 1528. Jacques II de Tournon est tué à la bataille de Pavie, en 1525. Just a été baron de Tournon, sénéchal d'Auvergne en 1541, commissaire du roi aux États du Languedoc, en 1543 et 1546. Claude de Tournon, frère bâtard de son père, a été évêque de Viviers, entre 1498 et 1542, aumônier de la reine, et a occupé à treize reprises la présidence des États du Languedoc1. La famille de Tournon a d'abord été vassale des ducs de Bourbon, puis est devenue proche de la famille royale à partir de Charles VIII.
 
Adresse
Rue de Tournon
75006 PARIS
 
GPS
Latitude : 48.850940
Longitude : 2.337138
 
Plan
 
Comment s'y rendre
Métro : Odéon (lignes 4/10)
Bus : 58/84/89 arrêt Sénat

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Sources
Dictionnaire historique des rues de Paris
Wikipedia
Photo R.Desenclos 2017